Lire, se lire et être lu....

Edito

Côte d’Ivoire | Accidents de la circulation

Entre urgence routière face aux chiffres de l’hécatombe, la fermeté de l’Etat et la prise de conscience des acteurs

Côte d’Ivoire | Accidents de la circulation
‘‘La fermeté des autorités doit maintenant se traduire dans les faits. Contrôles renforcés, sanctions exemplaires’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, le 15 février 2026 Le chiffre claque comme une gifle. Depuis le 1er janvier 2026, la Côte d’Ivoire a enregistré 519 accidents, causant 164 décès et 1 934 blessés. En à peine six semaines, les routes ivoiriennes ont endeuillé des dizaines de familles et transformé des vies à jamais.

L’alerte est grave. Elle est nationale. Et elle ne peut plus être relativisée. Une tendance jugée « préoccupante » par les autorités, qui ont fait de la sécurité routière un dossier prioritaire lors du Conseil national de sécurité du 12 février.

Des routes modernes, des comportements archaïques

Jamais le pays n’a autant investi dans ses infrastructures routières. Autoroutes rénovées, voies express construites, axes élargis, axes stratégiques modernisés : l’État a mis les moyens pour fluidifier et sécuriser la circulation.

Pourtant, paradoxalement, la vitesse excessive, l’alcool au volant, le non-respect des règles élémentaires de sécurité continuent de transformer ces routes neuves en couloirs de la mort.

Des statistiques qui interpellent

En six semaines à peine, les routes ivoiriennes ont endeuillé des dizaines de familles. Derrière les statistiques, ce sont des vies brisées, des blessés graves et des conséquences économiques et sociales importantes.

Incivisme et infractions majeures

Les causes identifiées sont connues : défaut de permis, absence de visite technique, défaut d’assurance, alcool au volant, surcharge des véhicules de transport, surnombre de passagers, pneumatiques usés, non-port du casque pour les deux et trois roues.

Autant d’infractions qui traduisent un mélange d’incivisme, de négligence et parfois de recherche de profit au mépris des règles élémentaires de sécurité.

Tolérance zéro : le ton change

Face à la gravité de la situation, le Conseil National de Sécurité, réuni le 12 février 2026, a acté un tournant. Le ministère des Transports et des Affaires maritimes annonce une tolérance zéro pour les infractions majeures : « Défaut de permis ; Défaut de visite technique ; Défaut d’assurance ; Alcool au volant ; Surnombre de passagers ; Surcharge des camions ; Pneumatiques défectueux ; Non-port du casque pour les deux et trois roues »

La liste est longue. Elle reflète l’ampleur des dérives.

La responsabilité partagée

Au-delà des annonces, la question demeure : à qui attribuer la responsabilité de cette hécatombe ? Aux transporteurs indélicats ? Aux conducteurs imprudents ? Aux structures de contrôle défaillantes ?

La réalité semble plus complexe. La lutte contre l’insécurité routière repose sur un triptyque : infrastructures adaptées, contrôles efficaces et comportements responsables.

Si l’État affiche désormais sa fermeté, l’efficacité de cette stratégie dépendra de l’application stricte des sanctions et de l’adhésion des usagers.

Une urgence nationale

Les accidents de la route sont en train de devenir l’une des premières causes de mortalité évitable dans le pays. Ce n’est ni une fatalité, ni une malédiction. C’est la conséquence directe de comportements irresponsables. Chaque dépassement dangereux, chaque excès de vitesse, chaque surcharge est un pari cynique contre la vie d’autrui.

Les infrastructures seules ne sauveront pas des vies. Les lois non appliquées non plus. Ce qui sauvera des vies, c’est un changement radical des comportements — appuyé par des sanctions effectives.

Le temps de la responsabilité

La fermeté affichée par les autorités doit maintenant se traduire dans les faits. Contrôles renforcés, sanctions exemplaires, transparence sur les poursuites : la crédibilité de cette offensive dépendra de son application sans complaisance.

Mais l’État ne peut pas tout. Chaque conducteur détient entre ses mains une part de la solution. La route n’est pas un terrain de défi. Elle n’est pas un espace de bravade. Elle est un lieu de vie partagée.

À l’heure où les chiffres virent au rouge, la Côte d’Ivoire doit choisir : continuer à compter ses morts ou imposer, enfin, la discipline routière comme une exigence nationale.

Car au-delà des chiffres, c’est une urgence nationale qui se dessine : faire en sorte que les routes cessent d’être un facteur majeur de mortalité évitable en Côte d’Ivoire.


Partager cet article

Slogan : Lire, se lire et être lu....

© www.infos-plurielles.net. Tous droits réservés.