Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan le 5 janvier 2026 – L’année 2026 s’ouvre en Côte d’Ivoire sur la fin d’un cycle électoral dense et parfois heurté. Présidentielle puis législatives se sont succédé, laissant derrière elles un paysage politique marqué par des tensions, des crispations et, par endroits, des fissures dans la cohésion sociale. Rien d’inédit dans l’histoire politique ivoirienne, mais suffisamment sensible pour rappeler la fragilité des équilibres.
Dans son adresse à la nation, le 31 décembre 2025, le président Alassane Ouattara a voulu donner le ton de la nouvelle séquence qui s’ouvre. Un discours d’apaisement, d’abord, dans un pays où chaque rendez-vous électoral demeure un test pour la stabilité nationale. Le chef de l’État y a réaffirmé sa volonté de préserver la paix, l’unité et la cohésion, tout en poursuivant la trajectoire de développement engagée depuis 2011.
Sécurité et stabilité dans un environnement sous tension
Ce message intervient dans un contexte régional particulièrement préoccupant. À ses frontières nord et ouest, la Côte d’Ivoire évolue dans un environnement ouest-africain fragilisé par la menace terroriste, les transitions militaires et les recompositions géopolitiques. Pour Abidjan, la stabilité intérieure reste donc un enjeu stratégique, indissociable de la sécurité nationale et du rôle que le pays entend continuer de jouer comme pôle de stabilité régionale.
Gouverner après les urnes
Au-delà des mots, les prochaines semaines pourraient être décisives. L’ouverture de la nouvelle législature, attendue à la mi-janvier, pourrait ouvrir la voie à une réorganisation du dispositif institutionnel. Recomposition gouvernementale, ajustements à la tête de certaines institutions, inflexions dans la gouvernance : autant de signaux attendus pour mesurer la volonté du pouvoir de tirer les leçons du cycle électoral écoulé.
Alassane Ouattara a également esquissé, sans la détailler, la perspective d’une transmission générationnelle du pouvoir. Une question centrale dans un pays où le renouvellement de la classe dirigeante reste un sujet sensible, observé de près par la jeunesse, majoritaire dans la population.
Le défi du partage
Reste un enjeu de fond : celui du partage des fruits de la croissance. Si les performances économiques et les infrastructures témoignent d’une transformation visible du pays, les attentes sociales demeurent fortes. Réduction des inégalités, justice sociale, inclusion politique : la consolidation de la paix passe aussi par là.
En ce début d’année 2026, la Côte d’Ivoire semble donc à la croisée des chemins. Refermer un cycle électoral parfois tumultueux, sans refermer le débat politique. Consolider la stabilité, sans étouffer la pluralité. Et poursuivre le développement, en veillant à ce qu’il bénéficie au plus grand nombre. C’est à cette équation que le pouvoir ivoirien est désormais attendu.