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Edito

Transmission générationnelle du pouvoir

Prudence, patience et équilibres : la méthode Ouattara, l’art de ne rien précipiter

Transmission générationnelle du pouvoir
‘‘Alassane Ouattara, la prudence comme boussole du pouvoir, préparer l’après sans bousculer le présent’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, le 25 janvier 2026 – En politique, les successions ne se décrètent pas, elles se préparent. En Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara semble l’avoir parfaitement intégré. À travers ses récents arbitrages institutionnels et gouvernementaux, le chef de l’État ivoirien avance à pas mesurés, entre promesse de transmission générationnelle et maintien d’une continuité au sommet de l’appareil d’État.

Patrick Achi, un choix de maîtrise pour le perchoir

En désignant Patrick Achi comme figure de proue du RHDP à l’Assemblée nationale, Alassane Ouattara opte pour une valeur sûre. Ancien Premier ministre, ex-ministre d’État et conseiller spécial à la Présidence, Patrick Achi incarne la loyauté, l’expérience et la parfaite connaissance des rouages du pouvoir.

Dans une Assemblée largement dominée par le parti présidentiel, ce choix apparaît comme un verrou stratégique : assurer la stabilité institutionnelle tout en plaçant un homme du sérail à la tête d’un pouvoir législatif appelé à accompagner les grandes orientations du second quinquennat post-2025.

À la Primature, la continuité assumée

À la tête du gouvernement, le président ivoirien a également privilégié la continuité en reconduisant Robert Beugré Mambé. Un choix qui s’inscrit dans la logique d’un pilotage sans rupture, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des enjeux économiques régionaux et internationaux persistants.

Mais cette continuité est encadrée. En nommant Téné Birahima Ouattara vice-Premier ministre, tout en lui conservant le portefeuille stratégique de la Défense, le chef de l’État renforce l’architecture sécuritaire et politique de l’exécutif. Une configuration qui traduit autant un souci d’équilibre interne qu’une volonté de garder un œil attentif sur les leviers sensibles du pouvoir.

La transmission générationnelle, un tempo maîtrisé

Lors de sa prestation de serment, le 8 décembre 2025, puis dans son adresse à la Nation du 31 décembre, Alassane Ouattara a clairement évoqué la nécessité d’une transmission générationnelle. Le message est posé, mais le calendrier reste ouvert.

À ce stade, le président ivoirien ne semble pas pressé de précipiter l’émergence d’un dauphin clairement identifié. Il préfère installer les cadres, tester les équilibres, observer les dynamiques internes à sa formation politique et, surtout, éviter toute fracture prématurée au sein du RHDP.

Gouverner, préparer, stabiliser

Entre la formation du nouveau gouvernement et le positionnement stratégique à l’Assemblée nationale, Alassane Ouattara joue une partition bien connue des chefs d’État expérimentés : celle de la prudence. Une prudence qui n’exclut ni la préparation de l’avenir ni l’adaptation progressive des élites, mais qui refuse toute rupture brutale.

Dans un pays encore marqué par son histoire politique récente, cette gestion du temps long apparaît comme un choix assumé. Gouverner aujourd’hui, préparer demain, sans fragiliser l’essentiel : la stabilité de l’État.

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