‘‘La Côte d’Ivoire a engagé un vaste programme de reconstitution de son couvert forestier’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Abidjan, 25 février 2026 — Le Conseil du Café-Cacao, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), tient du 25 au 26 février à l’hôtel Tiama, à Abidjan-Plateau, la première Assemblée plénière de la Plateforme nationale de coordination des initiatives d’agroforesterie et des projets carbone.
Cette rencontre vise à renforcer la synergie entre les acteurs engagés dans la transition vers un cacao durable, dans un contexte marqué par les défis climatiques, la lutte contre la déforestation et les nouvelles exigences internationales en matière de traçabilité et de durabilité.
Vers un cacao “zéro déforestation”
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire a engagé un vaste programme de reconstitution de son couvert forestier. Dans ce cadre, la filière café-cacao a rendu obligatoires les systèmes agroforestiers pour tendre vers une production dite “zéro déforestation”.
Plusieurs initiatives ont ainsi émergé ces dernières années pour promouvoir l’intégration des arbres dans les plantations et développer des projets carbone susceptibles de générer des financements additionnels au profit des producteurs.
Afin d’éviter la dispersion des efforts, les autorités et leurs partenaires ont créé, en mars 2025, une plateforme nationale destinée à coordonner les actions, harmoniser les méthodologies, consolider les données et renforcer la visibilité des projets.
Bilan 2025 et orientations 2026
Les travaux de cette première assemblée plénière doivent permettre de dresser le bilan des activités menées en 2025, d’identifier les défis liés à la gouvernance, au financement et à l’inclusion des producteurs, puis d’adopter les orientations stratégiques pour 2026.
Autre temps fort annoncé : le lancement officiel, le 26 février, de l’initiative « Cacao Carbone+ », présentée comme un mécanisme structurant pour encadrer le développement des projets carbone dans la filière.
Concilier performance économique et responsabilité environnementale
À l’ouverture des travaux, Whatami Coulibaly, directeur des Statistiques, de l’Industrialisation et de la Prospective au Conseil du Café-Cacao, représentant le directeur général KONE Brahima Yves, a rappelé le poids stratégique de la filière. Selon lui, le café-cacao contribue à près d’un tiers des recettes d’exportation du pays et fait vivre directement plus de cinq millions de personnes.
Il a souligné la nécessité de concilier compétitivité économique et responsabilité environnementale, dans un contexte où les marchés exigent désormais des garanties strictes en matière de durabilité.
Le marché carbone, “une opportunité historique”
La représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Blerta CELA, a salué la mise en place de la plateforme nationale, qu’elle considère comme un instrument stratégique pour structurer les données et mobiliser des financements en faveur du cacao durable et de la reforestation.
Évoquant l’initiative Cacao Carbone+, elle a estimé que le marché carbone représente « une opportunité historique pour multiplier les investissements », tout en mettant en garde contre les risques de fragmentation en l’absence d’un cadre clair. Selon elle, le dispositif proposé permettra d’assurer une gouvernance mieux définie et un partage plus équitable des bénéfices issus des crédits carbone.
La clôture de l’assemblée, prévue jeudi avec le lancement officiel de Cacao Carbone+, doit marquer une nouvelle étape dans l’ambition ivoirienne de faire de son cacao un modèle de durabilité conciliant impératifs économiques et préservation des forêts.