‘‘Deux outils pour anticiper les maladies liées au climat’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Abidjan, 19 mai 2026 – La Côte d’Ivoire a engagé, mardi à Abidjan, la validation de deux outils destinés à renforcer la surveillance et l’anticipation des maladies sensibles au climat, dans un contexte marqué par la recrudescence des risques sanitaires liés aux variations climatiques.
Deux outils pour anticiper les crises sanitaires
Il s’agit d’une étude de vulnérabilité et d’adaptation du secteur de la santé au changement climatique et d’une plateforme nationale de surveillance des maladies climato-sensibles.
Ces dispositifs ont été présentés lors d’un atelier tenu à Abidjan-Plateau, sous la présidence de la conseillère technique du ministre de la Santé, Eugénie Doh épouse Gagné.
Selon elle, l’étude permettra d’identifier les zones à risque et de définir des mesures d’adaptation « efficaces et durables », tandis que la plateforme facilitera la coordination et l’analyse rapide des données sanitaires et climatiques.
Paludisme, choléra, dengue : des maladies sous surveillance
Le dispositif cible notamment le paludisme, la dengue, le choléra, les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës ainsi que les pathologies liées à la qualité de l’eau et de l’environnement.
Objectif affiché : améliorer la capacité d’alerte précoce du système sanitaire et renforcer la prise de décision face aux menaces émergentes.
Une étude étendue sur plusieurs régions du pays
Selon le chef de projet Transition bas carbone (TBC) à Expertise France, Guillaume Vermeulen, l’étude de vulnérabilité a été menée dans cinq zones : Grand-Lahou, Korhogo, Man, Dimbokro et Abidjan.
Elle a porté sur dix maladies et six années de données sanitaires, croisées avec des projections climatiques à l’horizon 2050 et 2100.
L’analyse est présentée comme « l’évaluation la plus complète » réalisée à ce jour sur la vulnérabilité du système de santé ivoirien face au changement climatique.
Une plateforme déjà opérationnelle en test
La plateforme de surveillance, conçue sur environ neuf mois, mobilise 14 structures partenaires, 165 indicateurs de données et 12 tableaux de bord.
Quelque 40 agents ont déjà été formés à son utilisation.
Un engagement renforcé de l’État
Le projet est mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat entre les ministères de la Santé et de l’Environnement, avec l’appui de l’Union européenne et d’Expertise France.
Les autorités affirment leur volonté de bâtir un système de santé « résilient et anticipatif » face aux effets du changement climatique.