‘‘Depuis plus de quatre mois, le Jnim a instauré un blocus économique dans le sud et l’ouest du Mal’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Kayes (Mali), le 30 janvier 2026 – Des jihadistes affiliés à Al-Qaïda ont mené jeudi une attaque d’envergure contre un convoi de camions transportant du carburant dans la région de Kayes, dans l’ouest du Mali, détruisant des dizaines de citernes et faisant plusieurs victimes, ont indiqué vendredi des sources locales et sécuritaires.
Les assaillants, membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), ont pris pour cible un convoi escorté par l’armée malienne sur un axe stratégique reliant Kayes à la frontière sénégalaise, selon un élu local cité par l’AFP.
Bilan humain encore partiel
D’après cette source, trois soldats maliens et quatre jihadistes ont été tués lors de l’attaque. Deux corps de civils ont également été retrouvés vendredi sur la route reliant Kayes au Sénégal. Plusieurs militaires chargés de l’escorte du convoi sont par ailleurs toujours portés disparus, a indiqué à l’AFP une source proche des forces de sécurité.
Les circonstances exactes de l’assaut restent floues et les autorités maliennes n’ont pas communiqué de bilan officiel détaillé à ce stade.
Pression accrue sur l’approvisionnement en carburant
Si un responsable de l’Office malien des produits pétroliers a assuré à l’AFP que cette attaque « n’impacte pas la distribution ni la disponibilité du carburant », l’incident intervient dans un contexte de fortes tensions sur l’approvisionnement énergétique du pays.
Il survient notamment moins de trois semaines avant le début du ramadan, période de forte consommation, et peu après l’annonce par les autorités de transition de la mise en place prochaine d’un système de rationnement du carburant. Ce dispositif prévoit de limiter les passages en station-service à tous les trois jours pour les voitures et tous les deux jours pour les motos, afin de « lutter contre les achats excessifs et les circuits illicites », selon le gouvernement.
Kayes, au cœur d’un blocus jihadiste
Depuis plus de quatre mois, le Jnim a instauré un blocus économique dans le sud et l’ouest du Mali, régions par lesquelles transitent la majorité des livraisons de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
Initialement total, ce blocus avait contraint les autorités à fermer écoles et universités pendant deux semaines. La mise en place d’escortes militaires, composées de soldats maliens et de supplétifs russes, avait ensuite permis d’améliorer temporairement l’approvisionnement de Bamako en décembre.
Nouvelle intensification des attaques
Depuis le début du mois de janvier, les attaques contre les convois de carburant se sont toutefois intensifiées, avec pour objectif affiché de priver la capitale et plusieurs grandes villes du pays de ressources énergétiques.
La région de Kayes, stratégique en raison de ses ressources minières et de sa position de carrefour commercial, apparaît de nouveau comme une cible prioritaire pour les groupes jihadistes, dans un contexte sécuritaire toujours fragile au Mali.