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Amérique latine | Menaces d’ingérence

Le Mexique oppose sa doctrine de souveraineté aux velléités américaines

Amérique latine | Menaces d’ingérence
‘‘Mexico dénonce ce qu’elle considère comme une nouvelle atteinte au principe de souveraineté en Amérique latine’’

Par Dhan Habib Sénamblé avec Rfi

Mexico (Mexique), le 6 janvier 2026 – Au lendemain de l’intervention américaine à Caracas, le Mexique a vivement réagi. Sans défendre le régime de Nicolas Maduro, Mexico a dénoncé ce qu’elle considère comme une nouvelle atteinte au principe de souveraineté en Amérique latine. Une position constante, portée avec fermeté par la présidente Claudia Sheinbaum.

Pour la cheffe de l’État mexicain, quelles que soient les critiques adressées au pouvoir vénézuélien, aucun pays ne peut s’arroger le droit d’intervenir militairement ou politiquement chez un autre. Une ligne rouge, d’autant plus sensible que Donald Trump ne cache plus ses ambitions sur les ressources pétrolières du Venezuela.

Une doctrine de souveraineté historique

La défense de la souveraineté nationale est un pilier de la diplomatie mexicaine. Héritée d’une longue histoire marquée par des ingérences étrangères, cette doctrine demeure intangible pour les autorités de Mexico. Le Mexique plaide pour le multilatéralisme, la coopération régionale et le règlement pacifique des différends, y compris sur des dossiers aussi sensibles que la lutte contre le narcotrafic.

Ces dernières années, Mexico a tenté à plusieurs reprises de jouer un rôle de médiateur entre Washington et Caracas. L’ancien président Andrés Manuel López Obrador affichait d’ailleurs un soutien explicite à Nicolas Maduro, une position que Claudia Sheinbaum a nuancée sans renoncer aux principes fondamentaux de non-ingérence.

Le Mexique aussi sous pression américaine

Mais au-delà du Venezuela, c’est aussi le Mexique qui se retrouve dans le viseur de Washington. Selon certaines accusations américaines visant Nicolas Maduro, le territoire mexicain aurait servi de zone de transit pour des cargaisons de drogue. Des accusations fermement rejetées par Mexico, qui rappelle ses efforts constants en matière de sécurité.

La lutte contre les cartels est au cœur des tensions entre les deux pays. L’administration Trump reproche régulièrement au gouvernement mexicain son manque d’efficacité, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une opération militaire sur le sol mexicain. Une hypothèse déjà évoquée par le passé et que Donald Trump dit avoir soumise à plusieurs reprises à Claudia Sheinbaum.

Dans un contexte juridique durci, plusieurs cartels mexicains ont été classés comme organisations terroristes par les États-Unis, tandis que le fentanyl est désormais qualifié d’arme de destruction massive. Des signaux qui inquiètent Mexico, y voyant les prémices d’une justification légale à une intervention étrangère.

Le choix du dialogue plutôt que l’escalade

Face à ces menaces, la présidente mexicaine se veut mesurée. Elle refuse toute escalade verbale ou sécuritaire et privilégie le dialogue avec Washington.

« Il faut garder la tête froide, communiquer et dialoguer », a-t-elle déclaré, assurant que les canaux diplomatiques avec les États-Unis restent ouverts et fonctionnels.

Une stratégie de prudence assumée, d’autant que les liens économiques entre les deux pays sont étroits. Les économies mexicaine et américaine sont profondément imbriquées, ce qui rend toute rupture ou confrontation directe particulièrement coûteuse pour les deux partenaires.

Pour Claudia Sheinbaum, l’enjeu est clair : défendre la souveraineté du Mexique sans rompre une relation bilatérale essentielle, dans un climat régional marqué par les tensions, les rapports de force et le retour assumé de l’unilatéralisme américain.

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