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Burkina Faso | Justice

La junte du capitaine Ibrahim Traoré rétablit la peine de mort dans le nouveau code pénal

Burkina Faso | Justice
‘‘La transition du capitaine Ibrahim Traoré affirme vouloir adapter l’appareil judiciaire aux « aspirations profondes du peuple »’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Ouagadougou, (Burkina Faso), le 4 décembre 2025 —Au Burkina Faso, le gouvernement de transition a annoncé, jeudi, l’adoption d’un nouveau code pénal réintroduisant la peine capitale. Une décision marquante, alors que cette sanction avait été abolie depuis 2018. Le texte prévoit son application pour des infractions jugées particulièrement graves, telles que la haute trahison, les actes de terrorisme ou encore les faits d’espionnage.

Présentée comme une « innovation majeure », cette réforme s’inscrit, selon le ministre de la Justice, Édasso Rodrigue Bayala, dans la volonté du pouvoir de transition de renforcer l’arsenal juridique face aux menaces sécuritaires persistantes. Pour le garde des Sceaux, l’absence de peine de mort depuis sept ans aurait été exploitée par certains groupes armés, qui s’appuieraient sur les conventions internationales pour se prémunir en cas d’arrestation. « Cela devient un terreau fertile car il n’y a pas de sanctions suffisamment dissuasives », a-t-il fait valoir.

Des sanctions alourdies pour les crimes économiques

Le nouveau code pénal revoit également à la hausse les peines liées aux infractions financières. Les cas de détournement ou de corruption pourront désormais être punis de la réclusion à perpétuité lorsque les montants concernés atteignent ou dépassent cinq milliards de francs CFA.

Le gouvernement entend par ailleurs promouvoir les sanctions alternatives, notamment les travaux d’intérêt général, jugés plus adaptés pour certaines catégories d’infractions.

Des dispositions controversées

Le texte introduit aussi une mesure qui risque de susciter de vives réactions sur la scène internationale : il prévoit de « sanctionner la promotion des pratiques homosexuelles et assimilées ». Une disposition qui s’ajoute au durcissement des amendes en matière d’infractions routières.

Avec ce nouveau cadre juridique, la transition du capitaine Ibrahim Traoré affirme vouloir adapter l’appareil judiciaire aux « aspirations profondes du peuple ». Une orientation sécuritaire et conservatrice qui intervient dans un contexte où le pays reste confronté à une violence djihadiste persistante, malgré les efforts engagés depuis deux ans.

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