‘‘La vie reprend progressivement son cours dans la capitale bissau’’
Par Dahn Habib Sénamblé, info : Rfi
Bissau (Guinée-Bissau), le 28 novembre 2025 — En Guinée-Bissau, deux jours après le renversement du président Umaro Sissoco Embaló, les militaires poursuivent la mise en place des organes de transition. Ce vendredi, ils ont annoncé la nomination d’Ilidio Vieira Té au poste de Premier ministre.
L’information a été rendue publique à la mi-journée dans un communiqué signé du général Horta N’Tam, désormais président de la Transition.
Jusqu’ici ministre des Finances, Ilidio Vieira Té conserve ce portefeuille tout en prenant la tête du gouvernement. Une double casquette qui traduit la volonté du haut commandement militaire de maintenir un contrôle étroit sur les leviers économiques du pays. Pendant ce temps, le président déchu Umaro Sissoco Embaló a quitté le territoire : il est arrivé jeudi à Dakar à bord d’un vol affrété par la Cédéao.
Sur le plan politique, la contestation se poursuit. Fernando Dias, principal adversaire d’Embaló lors de la présidentielle, l’accuse d’avoir orchestré lui-même le putsch afin de masquer sa défaite électorale. Une accusation que les militaires n’ont pas commentée.
Retour prudent à la normale dans la capitale
À Bissau, la population a été autorisée à reprendre ses activités dès ce vendredi matin. Les commerces ont rouvert, les rues du centre-ville retrouvent leur animation habituelle et, dans le Vieux-Bissau, les cafés ont installé leurs terrasses dès l’aube, comme le constate notre envoyée spéciale, Eva Massy.
Aux abords du marché central, les vendeuses de fruits et de noix de cajou ont repris place sous leurs parasols. Les épiceries accueillent de nouveau les clients et les enfants ont retrouvé le chemin de l’école. La capitale semble vouloir renouer avec son quotidien.
Mais cette normalisation apparente n’efface pas les inquiétudes. Beaucoup s’interrogent sur les intentions des militaires et la durée de la transition. Un habitant rencontré dans une boulangerie confiait son scepticisme, estimant que « les militaires auraient dû rester dans les casernes » et regrettant que le pays ne soit plus dirigé par des civils.
Si la vie reprend peu à peu son cours, les incertitudes politiques demeurent. Les prochains jours seront décisifs pour comprendre la trajectoire que prendra la transition dans ce pays encore marqué par une longue histoire d’instabilité institutionnelle.