‘‘Boncana Maïga laisse derrière lui un grand héritage musical’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Bamako, 28 février 2026 – Le flûtiste et producteur malien Boncana Maïga, figure majeure de la musique afro-cubaine en Afrique de l’Ouest, est décédé samedi à Bamako, ont indiqué ses proches. Il avait 70 ans.
Virtuose de la flûte, arrangeur recherché et découvreur de talents, Boncana Maïga a profondément marqué la scène musicale ouest-africaine, aussi bien comme fondateur de groupes emblématiques que comme producteur influent.
Artisan du pont entre l’Afrique et Cuba
Boncana Maïga s’était imposé sur la scène internationale avec des formations telles que Las Maravillas de Mali, orchestre mythique mêlant sonorités maliennes et rythmes cubains, puis Africando, collectif panafricain qui a popularisé la salsa africaine dans les années 1990.
Son travail a contribué à bâtir un véritable pont musical entre l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine, faisant de lui l’une des grandes figures de l’afro-cubain.
Abidjan, terre d’adoption et laboratoire musical
Installé à Abidjan en 1973, il considérait la Côte d’Ivoire comme sa seconde patrie. « La Côte d'Ivoire m'a tout donné, j'ai tout donné à la Côte d'Ivoire », répétait-il souvent.
Il y a enseigné à l’Institut national des arts et co-dirigé le conservatoire national, avant de devenir un producteur incontournable aux studios JBZ. Dans ces studios abidjanais, il a accompagné et formé de nombreux artistes de la sous-région.
Selon le journaliste musical Mory Touré, c’est en Côte d’Ivoire que Boncana Maïga a pleinement déployé son talent d’arrangeur, contribuant à structurer et professionnaliser la production musicale ouest-africaine.
Découvreur et mentor
Il a notamment arrangé les cinq premiers albums d’Alpha Blondy et participé à l’éclosion de plusieurs grandes voix africaines, dont Kandia Kouyaté, Oumou Sangaré et Aïcha Koné.
Cette dernière, révélée dans les années 1970 au sein de l’orchestre de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne qu’il dirigeait, a salué la mémoire d’un « père » artistique, rappelant qu’il l’avait engagée comme choriste avant d’arranger sa première chanson.
Boncana Maïga laisse derrière lui un riche héritage musical, dont le titre « Mariétou », enregistré à Abidjan en 1984, demeure l’un des symboles de son talent et de son influence durable sur la musique africaine.