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Société

16 jours d’activisme | Violences faites aux femmes

Françoise Remarck porte la voix du Gouvernement pour “tolérance zéro” face aux féminicides

16 jours d’activisme | Violences faites aux femmes
‘‘Face aux féminicides, la ministre Remarck mobilise et appelle à la vigilance sociale en Côte d'Ivoire’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Abidjan, le 27 novembre 2025 — La Côte d’Ivoire a donné, mardi 25 novembre, le coup d’envoi de l’édition 2025 des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, lors d’une cérémonie à l’espace Agora de Koumassi. Placée sous le thème « Tous unis contre les féminicides et les violences numériques : prévenir, protéger, dénoncer », cette campagne nationale, qui s’étend jusqu’au 10 décembre, se veut cette année plus offensive.

Représentant la ministre de la Femme, Nassénéba Touré, la ministre Françoise Remarck a porté un message ferme du gouvernement. Ton grave, discours sans détour : « C’est notre feuille de route. C’est notre engagement collectif à ne rien laisser passer », a-t-elle déclaré, transformant le slogan de la campagne en véritable appel à la mobilisation.

Le front numérique, nouvelle urgence nationale

La ministre a insisté sur l’ampleur croissante des violences en ligne. Cyberharcèlement, menaces, diffusion d’images intimes, deepfakes : des pratiques qui, selon elle, « brisent des vies et étouffent la voix des femmes ». Près de 90% des contenus illicites en ligne ciblent les femmes, une réalité qualifiée de « pandémie ».

« Ça suffit », a lancé Françoise Remarck, plaidant pour une éducation numérique citoyenne et une plus grande responsabilité des plateformes numériques.

Féminicides : “Chaque femme tuée est un échec collectif”

Si les violences numériques progressent, les féminicides demeurent une menace persistante. En 2024, 9.607 cas de violences basées sur le genre ont été recensés en Côte d’Ivoire, dont 920 viols et 2.030 agressions physiques prises en charge.

« Chaque femme tuée parce qu’elle est une femme est un échec de la vigilance sociale », a rappelé la ministre, appelant à nommer, reconnaître et sanctionner ces crimes avec rigueur.

L’ONU salue les efforts mais alerte sur l’ampleur mondiale

Au nom du Système des Nations unies, Jean François Basse, Représentant Résident de l’UNICEF, a salué les progrès réalisés par Abidjan tout en dressant un tableau préoccupant : « 1 femme sur 3 dans le monde subit des violences, 51 100 femmes ont été tuées en 2023, soit une toutes les 10 minutes ».

Il a également averti que les cyberviolences constituent désormais une menace directe pour la participation politique des femmes.

Le responsable onusien a rappelé que la stratégie ivoirienne repose sur trois piliers — prévenir, protéger, dénoncer — soutenus par 95 plateformes multisectorielles et 33 bureaux d’accueil genre dans les commissariats du pays.

Un engagement partagé pour une tolérance zéro

À travers cette nouvelle édition, les autorités réaffirment leur tolérance zéro face aux violences basées sur le genre. Elles appellent à un engagement collectif : jeunes, hommes, secteur privé et société civile sont exhortés à se mobiliser pour bâtir une Côte d’Ivoire où la dignité et l’intégrité des femmes deviennent « non négociables ».

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