‘‘De la ferme à l’assiette, 2026 se veut une année stratégique pour le secteur animal et halieutique’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 24 novembre 2025 – Le ministère des Ressources Animales et Halieutiques de Côte d’Ivoire dispose pour 2026 d’un budget de 26,7 milliards de francs CFA, destiné à renforcer la production animale et halieutique et à améliorer la sécurité alimentaire du pays.
Le ministre Moussa Sanogo, représentant son collègue des Ressources Animales et Halieutiques Sidi Tiémoko Touré lors de la session ordinaire de l’Assemblée nationale consacrée au projet de loi de finances, a présenté les priorités de son département et rappelé les acquis de 2024.
Budget 2026 : des investissements massifs pour soutenir le secteur
Pour l’exercice 2026, le budget est réparti ainsi : « Dépenses de personnel : 7,35 milliards FCFA (27,5 %) ; Biens et services : 3,57 milliards FCFA (13,4 %) ; Transferts : 1,81 milliard FCFA (6,8 %); Investissements : 13,97 milliards FCFA (52,3 %), financés pour moitié par le Trésor et pour l’autre moitié par des partenaires extérieurs ».
Le budget est structuré autour de quatre programmes : « Administration générale : 11,1 milliards FCFA ; Développement des productions animales : 2,82 milliards FCFA ; Gestion durable des ressources halieutiques : 11,12 milliards FCFA ; Santé publique vétérinaire : 1,67 milliard FCFA »
Le ministre a souligné que cette enveloppe marque une augmentation significative par rapport à 2025 (21,94 milliards FCFA), mais que le déficit en protéines animales et halieutiques reste supérieur à 50 %. L’objectif pour 2026 est de consolider les acquis et de renforcer la production nationale afin de répondre aux besoins alimentaires croissants.
Objectifs 2026 : produire davantage et sécuriser les filières
Parmi les priorités, le ministère entend : « Développer la production de viande, d’œufs et de poissons pour réduire la dépendance aux importations ; Renforcer la surveillance et la régulation des pêches pour préserver les ressources halieutiques ; Accroître la vaccination et la santé animale afin de limiter les pertes dues aux maladies à déclaration obligatoire ; Structurer les filières par la création et l’accompagnement des interprofessions.
Bilan 2024 : des résultats encourageants
Le ministre a ensuite rappelé les principaux résultats obtenus en 2024 :
- Administration générale : création de sept interprofessions (avicole, porcine, pêche, aquaculture, lait, gros et petits ruminants), organisation de forums et salons ayant doublé les investissements dans le secteur.
- Production animale : multiplication par cinq des reproducteurs porcins grâce au CAS-PORC, réduction des conflits pastoraux de 9,67 % à 6,17 %, balisage de plus de 1 000 km de pistes de transhumance. La production de viande a été multipliée par 1,5 et celle d’œufs par 1,9 entre 2020 et 2024.
- Ressources halieutiques : acquisition de drones et vedettes pour surveiller les pêches illicites, augmentation de 45 % de la pêche artisanale maritime et production aquacole multipliée par 2,2. La production nationale de poissons est passée de 76 223 tonnes en 2020 à 84 638 tonnes en 2024.
- Santé publique vétérinaire : vaccination de 2,26 millions d’animaux, inspection de 27 355 établissements et saisie de près de 50 000 produits défectueux.
Cap sur 2026 et le PND 2026-2030
Le ministère entend poursuivre ses efforts dans le cadre du Plan National de Développement 2026-2030, avec pour objectif de réduire la dépendance aux importations et de sécuriser la production animale et halieutique. Le ministre a remercié le Président de la République, le Premier ministre, le ministre des Finances et la Commission des affaires économiques pour leur soutien dans l’augmentation du budget de son département.