Par Dahn Habib Sénamblé, info : Rfi
Abidjan, le 17 novembre 2025 – Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, lundi 17 novembre, une résolution soutenant le plan de paix proposé par le président américain Donald Trump pour Gaza.
Le texte, approuvé par 13 voix contre deux abstentions (Russie et Chine), autorise notamment le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, toujours sous tension malgré un fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre.
L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a salué un vote « historique et constructif », alors que Washington multipliait les pressions ces derniers jours pour éviter un enlisement politique pouvant relancer les hostilités.
Une force chargée de sécuriser les frontières et de désarmer les groupes armés
Le texte, largement amendé au fil de négociations difficiles, « endosse » le plan Trump et autorise la création d’une International Stabilization Force (ISF). Celle-ci devra contribuer : à la sécurisation des frontières en coordination avec Israël et l’Égypte, à la démilitarisation de la bande de Gaza, au désarmement des groupes armés non étatiques, à la protection des civils, ainsi qu’à la formation d’une police palestinienne.
La résolution attribue par ailleurs un mandat jusqu’au 31 décembre 2027 à un « Comité de la paix », décrit comme un organe de transition chargé de la gouvernance de Gaza en vue d’une réforme de l’Autorité palestinienne. Selon l’annexe du plan en 20 points, ce comité serait présidé par Donald Trump lui-même, une disposition soutenue par Ramallah mais dénoncée par plusieurs États membres.
Une résolution qui évoque pour la première fois une perspective d’État palestinien
Alors que les premières versions du texte l’éludaient, la résolution ouvre désormais la voie à « un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d’État », à condition que la reconstruction avance et que l’Autorité palestinienne soit réformée.
Un scénario aussitôt rejeté par Israël. Le Premier ministre Benjamine Netanyahu a rappelé dimanche que « l’opposition à un État palestinien, quel qu’il soit et où que ce soit, n’a pas changé ». Son ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben-Gvir, a été encore plus catégorique, allant jusqu’à appeler à l’arrestation de Mahmoud Abbas et à des assassinats ciblés en cas de reconnaissance d’un État palestinien par l’ONU.
Avant le vote, l’ambassadeur israélien Danny Danon avait insisté sur une « exigence fondamentale » : la restitution des corps des trois derniers otages détenus à Gaza.
Divisions persistantes au Conseil
La France, qui a voté en faveur du texte, estime que la résolution « répond aux besoins urgents des populations et soutient les efforts de paix en cours », tout en saluant l’intégration de références à la perspective d’un État palestinien.
La Russie, qui avait proposé un texte concurrent, juge néanmoins que la résolution américaine ne va pas assez loin sur ce point. Son projet, qui ne prévoyait ni force internationale immédiate ni comité de transition, appelait le secrétaire général de l’ONU à présenter des « options ». Moscou, tout en critiquant le dispositif, a finalement choisi de s’abstenir.
Plusieurs États membres ont aussi exprimé des réserves sur le mandat exact du Comité de la paix et de l’ISF, jugé encore imprécis.
Malgré ces réticences, Washington assure avoir contré des « tentatives de semer la discorde » et considère ce vote comme une étape déterminante pour éviter une reprise des combats dans un territoire marqué par deux années de guerre depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.