‘‘La Côte d’Ivoire continue de renforcer sa politique de réduction des émissions’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 15 novembre 2025 – Nouvelle avancée pour la Côte d’Ivoire sur le marché mondial du carbone. Le gouvernement ivoirien et la plateforme internationale Emergent ont officialisé, mercredi 13 novembre, un accord portant sur l’achat d’environ deux millions de tonnes équivalent CO₂.
Un volume représentant les excédents générés dans le cadre du Projet de Réduction des Émissions (PRE) autour du Parc national de Taï, l’un des derniers massifs forestiers primaires d’Afrique de l’Ouest.
Un signal fort avant la COP30
L’accord intervient alors que le pays entend renforcer sa crédibilité dans les négociations climatiques en amont de la COP30. Pour Abidjan, il s’agit d’un marqueur important dans la stratégie nationale de valorisation des crédits carbone issus de ses efforts de lutte contre la déforestation et de promotion d’une économie plus verte.
Représentant le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Parfait Kouadio, directeur de cabinet, a salué « un engagement fort d’Emergent » et rappelé que « cet accord illustre la confiance du marché international envers les résultats concrets enregistrés par la Côte d’Ivoire ».
Emergent souligne des avancées tangibles
Du côté d’Emergent, l’appréciation est tout aussi positive. Son fondateur et PDG, Eron Bloomgarden, a félicité Abidjan pour ses progrès dans la gestion durable des ressources forestières.
Selon lui, « ce partenariat contribuera à renforcer les efforts mondiaux de réduction des émissions » tout en créant de nouvelles opportunités pour les communautés vivant autour des aires protégées.
Emergent, basée aux États-Unis, joue depuis plusieurs années un rôle central dans l’achat groupé de crédits carbone liés à des programmes de réduction de la déforestation (REDD+).
Une stratégie alignée sur les CDN 3.0
L’accord s’inscrit dans la dynamique des Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3.0) de la Côte d’Ivoire, qui ambitionne une baisse substantielle de ses émissions et une meilleure mobilisation des financements verts d’ici 2035.
Les autorités misent sur une montée en puissance des mécanismes de marché pour accélérer les investissements dans la restauration forestière, l’agroforesterie et les solutions fondées sur la nature.
Panels et retours d’expérience
En marge de la signature, deux panels ont été organisés autour de l’expérience ivoirienne du marché carbone et de la conciliation entre conservation des parcs nationaux et développement rural.
L’équipe du projet PRE a présenté les résultats obtenus autour du Parc national de Taï, tandis que Akossi Oreste, sous-directeur à la Direction de la lutte contre le changement climatique, a exposé les avancées du Projet Agroforesterie Comoé (PAC), souvent cité comme modèle régional.
Un pari sur la transparence et la crédibilité
Avec cet accord, la Côte d’Ivoire entend démontrer sa capacité à générer des crédits carbones vérifiés et à attirer de nouveaux partenaires internationaux.
Un enjeu crucial pour un pays qui a perdu près de 80 % de sa couverture forestière en un demi-siècle, et qui fait aujourd’hui du climat une priorité nationale.