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Economie

Agriculture-Filière cacao| A la COP30 au Brésil

La Côte d’Ivoire réaffirme son ambition d’une cacaoculture durable et résiliente

Agriculture-Filière cacao| A la COP30 au Brésil

Par Sofiane Lorofolo Amine

Belém (Brésil), le 14 novembre 2025 — La 30ᵉ conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) s’est ouverte le 10 novembre à Belém, au Brésil, avec un objectif : accélérer la mise en œuvre des nouveaux engagements climatiques et renforcer l’action concrète sur le terrain.

Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, multiplie les initiatives pour défendre une filière durable au profit des producteurs et des écosystèmes.

Un panel stratégique pour l’avenir du cacao ivoirien

Le jeudi 13 novembre 2025, sur le pavillon ivoirien, le Conseil du Café-Cacao a animé un panel d’envergure consacré à une question cruciale : « Vers une cacaoculture résiliente et bas-carbone : innovations de la recherche agronomique et de la finance climatique ». Un échange co-organisé avec le Global Green Growth Institute (GGGI) et le CIFOR-ICRAF, deux partenaires clés des réformes en cours.

En ouverture, le Dr Tahi Mathias, Directeur de la Recherche et de la Lutte contre le Changement Climatique au sein du Conseil du Café-Cacao, a dressé un état des lieux sans détour : la cacaoculture ivoirienne est de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques.

Stress hydrique, parasites, baisse de rendement : une filière sous pression

La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui assurent ensemble 60 % de la production mondiale, sont particulièrement exposés. Stress hydrique, températures élevées, irrégularité des pluies et multiplication des ravageurs compromettent les rendements et menacent l’avenir de milliers de planteurs.

Pour y répondre, la recherche propose une série de leviers concrets : « agroforesterie selon la norme ARS 1000, matériel végétal plus résilient, adapté et à haut rendement, estion optimisée de l’eau et irrigation complémentaire, amélioration durable des sols, notamment grâce à l’innovation ‘‘biochar’’, usage de mycorhizes, itinéraires techniques régionalisés et adaptés aux zones agroclimatiques ».

Autant de pistes destinées à freiner la dégradation des plantations et à accompagner les producteurs vers des systèmes plus durables.

La finance climatique, un levier indispensable

Les discussions se sont ensuite tournées vers les mécanismes financiers susceptibles de soutenir cette transition.

Madame Olola Vieyra, représentante du GGGI, a insisté sur le rôle croissant de la finance climatique pour structurer des projets bas-carbone et mobiliser des fonds en faveur des coopératives.

Elle a évoqué deux instruments majeurs : les crédits carbones, les échanges de dette contre nature, qui permettent aux États d’alléger leur dette en échange d’investissements directs dans la protection de l’environnement.

Une nouvelle méthodologie pour attirer les financements privés

De son côté, le Dr Kouassi Amany, du CIFOR-ICRAF, a présenté la méthodologie ABM, récemment validée. Celle-ci offre désormais un cadre précis pour certifier les bénéfices d’adaptation générés par les systèmes agroforestiers, ouvrant ainsi la porte à de nouveaux investisseurs privés sensibles aux projets climat.

Un engagement réaffirmé pour une filière durable

En clôture, le Conseil du Café-Cacao a réitéré son engagement à moderniser la filière, renforcer sa résilience et placer les producteurs au cœur de cette transformation. L’objectif reste clair : bâtir une cacaoculture durable, bas-carbone et économiquement viable, capable de répondre aux défis climatiques comme aux attentes du marché international.


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