‘‘Les parlementaires ont dressé un constat préoccupant’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Freetown, 11 avril 2026 – Le Parlement de la CEDEAO a adopté plusieurs résolutions visant à renforcer la protection des enfants en situation de rue en Afrique de l’Ouest, à l’issue d’une réunion tenue du 7 au 11 avril à Freetown, en Sierra Leone.
Réunis au sein d’une commission mixte regroupant notamment les affaires sociales, les droits de l’homme, le genre, la paix et la sécurité, les parlementaires ont dressé un constat préoccupant : malgré l’existence de cadres juridiques, leur application reste insuffisante, tandis que les services sociaux de première ligne manquent de moyens.
Un constat alarmant sur le terrain
Les travaux, appuyés par des audiences publiques et des visites de terrain, ont mis en évidence des difficultés persistantes, notamment en matière de réintégration des enfants, de prise en charge psychosociale et de coordination entre les services compétents.
Les enfants en mobilité, souvent hors des dispositifs nationaux de protection, apparaissent comme particulièrement vulnérables dans un contexte marqué par les flux transfrontaliers.
Trois résolutions pour une réponse régionale
Face à ces défis, les députés ouest-africains ont adopté trois principales résolutions. Ils préconisent d’abord la mise en place de systèmes transfrontaliers de protection et d’orientation, afin d’assurer une continuité de la prise en charge des enfants en déplacement.
Ils appellent également à l’élaboration de protocoles sécurisés de rapatriement et de réintégration, dans le but de prévenir les risques de traite et de séparations abusives.
Enfin, les parlementaires recommandent de renforcer les mécanismes régionaux de collecte et de partage de données, notamment par l’extension du système d’information ECRIMS, présenté comme un outil clé pour un pilotage fondé sur des données fiables.
Un enjeu stratégique pour la région
Au-delà de l’urgence humanitaire, les membres du Parlement de la CEDEAO ont insisté sur la dimension stratégique de la protection de l’enfance, qu’ils considèrent comme un facteur essentiel de stabilité et de développement dans la sous-région.
Ils invitent ainsi les États membres à élaborer des politiques nationales spécifiques, mieux financées, intégrant l’accès à l’éducation, à la santé, à l’identité juridique et à une justice adaptée aux traumatismes.
Ces recommandations s’inscrivent dans une approche régionale visant à mieux coordonner les réponses face à un phénomène transnational en constante évolution.