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Nigeria | Tension politique à l’approche de 2027

Vers un paysage politique amputé au Nigeria après une décision de justice explosive

Nigeria | Tension politique à l’approche de 2027
‘‘La justice ordonne la radiation de plusieurs partis d’opposition’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Abuja, 15 juin 2026 – La Haute cour fédérale d’Abuja a ordonné, lundi 15 juin 2026, à la Commission électorale nationale indépendante (Inec) de radier plusieurs partis politiques, dont le Congrès démocratique africain (ADC), pour non-respect des critères légaux de maintien sur le registre électoral. Une décision aux conséquences potentiellement majeures à moins de deux ans des élections générales.

Une décision fondée sur les performances électorales

Selon le jugement, les formations concernées n’auraient pas atteint les seuils requis par la loi électorale nigériane, notamment en matière de représentation parlementaire ou de score minimal lors des scrutins précédents.

Outre l’ADC, au moins quatre autres partis sont visés par la décision. Le tribunal demande à l’Inec de procéder à leur radiation immédiate et de leur interdire toute participation aux prochains scrutins.

Un séisme politique à l’approche de 2027

Si elle est appliquée, cette mesure pourrait entraîner une recomposition du paysage politique nigérian avant les élections générales prévues le 16 janvier 2027, ainsi que les élections locales et régionales à venir.

La requête initiale avait été introduite par un forum d’anciens législateurs, estimant que certains partis ne remplissent plus les conditions constitutionnelles de reconnaissance.

Des figures politiques directement concernées

La décision touche notamment des personnalités politiques de premier plan. Parmi elles, Atiku Abubakar, récemment investi candidat de l’ADC pour la présidentielle de 2027.

L’ancien vice-président, déjà candidat en 2023 sous la bannière du PDP, avait terminé deuxième du scrutin avec 29 % des voix, derrière le président Bola Tinubu.

Le gouverneur de l’État d’Osun, Ademola Adeleke, est également cité parmi les responsables politiques susceptibles d’être affectés par cette mesure.

Opposition vent debout

Les partis concernés ainsi que la Commission électorale ont rejeté la décision, dénonçant une interprétation controversée des textes en vigueur. L’ADC et le parti Accord accusent le pouvoir en place de dérive politique et de tentative de restriction du pluralisme.

Alors que le Nigeria s’apprête à entrer dans une nouvelle séquence électorale décisive, cette décision judiciaire ravive les inquiétudes sur la stabilité du jeu démocratique dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

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