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Moyen-Orient | Détroit d’Ormuz

Une crise lointaine aux effets très proches pour l’économie ivoirienne, le patronat ivoirien tire la sonnette d’alarme

Moyen-Orient | Détroit d’Ormuz
‘‘Dépendance aux importations : pourquoi la crise d’Ormuz inquiète le patronat ivoirien’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, 9 avril 2026 — La crise persistante autour du détroit d’Ormuz, au Moyen-Orient, suscite une vigilance accrue du patronat ivoirien, qui alerte sur ses répercussions potentielles sur l’économie nationale, fortement dépendante des importations et des flux commerciaux internationaux.

Dans une analyse publiée par la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), son président Ahmed Cissé met en garde contre un effet domino qui dépasse largement la seule hausse des prix du pétrole. « Quand un grand passage maritime se grippe, les effets se propagent en cascade », souligne-t-il, évoquant notamment la flambée des coûts du fret, des primes d’assurance et les tensions sur la trésorerie des entreprises.

Un corridor stratégique sous tension

Le détroit d'Ormuz constitue l’un des axes névralgiques du commerce énergétique mondial. En 2025, près de 20 millions de barils de pétrole y transitaient chaque jour, soit environ un quart des échanges mondiaux d’hydrocarbures, auxquels s’ajoutent d’importants volumes de gaz naturel liquéfié.

Si la majorité de ces flux est destinée à l’Asie, « atelier du monde », toute perturbation se répercute rapidement à l’échelle globale, entraînant une hausse des coûts logistiques et des délais d’approvisionnement.

Une dépendance ivoirienne exposée

Pour la Côte d’Ivoire, les conséquences pourraient être significatives. Selon les données de la World Integrated Trade Solution, les importations en provenance de la zone Asie-Pacifique représentent plus de 22 % des achats du pays, avec la Chine et l’Inde comme partenaires majeurs.

Dans ce contexte, une augmentation des coûts du transport maritime et des assurances pourrait renchérir les prix des biens importés et fragiliser les chaînes d’approvisionnement locales.

Pressions sur les entreprises et le système financier

Au-delà des échanges commerciaux, la crise impacte également le secteur financier. Bien que le franc CFA reste arrimé à l’euro, une grande partie des transactions internationales demeure libellée en dollars. Toute appréciation du billet vert alourdit mécaniquement la facture des importations.

Par ailleurs, les primes d’assurance maritime ont connu une hausse spectaculaire, passant en quelques jours de 0,2 % à 3 % de la valeur des navires, soit plusieurs millions de dollars pour un seul pétrolier.

Secteurs stratégiques en première ligne

Plusieurs secteurs clés de l’économie ivoirienne pourraient être directement affectés. Le BTP, dépendant des matériaux importés d’Asie, pourrait subir retards et surcoûts. Le secteur énergétique, largement fondé sur des centrales thermiques, reste vulnérable à toute hausse prolongée des prix des combustibles et des équipements importés.

Les entreprises importatrices, quant à elles, devront faire face à un besoin accru en fonds de roulement, sous l’effet combiné de la hausse des coûts logistiques et des fluctuations monétaires.

Anticiper un commerce plus incertain

Face à ces incertitudes, le patronat ivoirien appelle les entreprises à adapter leurs stratégies : révision des contrats d’approvisionnement, gestion des stocks critiques et meilleure maîtrise de l’exposition au dollar.

« Le véritable risque n’est pas seulement un pétrole plus cher, mais un commerce international devenu plus coûteux, plus lent et plus incertain », résume Ahmed Cissé.

Si le détroit d'Ormuz semble éloigné géographiquement, ses turbulences pourraient, elles, se faire sentir jusque dans l’économie ivoirienne, illustrant une nouvelle fois la forte interdépendance des marchés mondiaux.

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