Par Dahn Habib Sénamblé
Brazzaville (Congo), le 5 novembre 2025 — Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie présidera l’organisation panafricaine en 2026, avec pour priorité la mise en place de la Banque africaine de l’énergie.
Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a été porté à la présidence de l’Association des pays producteurs de pétrole africains (APPO) pour l’année 2026. Il succède à son homologue congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, à l’issue de la 48ᵉ réunion du Conseil des ministres de l’organisation, tenue les 4 et 5 novembre à Brazzaville (Congo).
La Banque africaine de l’énergie, priorité du mandat ivoirien
Au cœur de son mandat, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a placé la finalisation de la Banque africaine de l’énergie, un projet majeur initié il y a six ans par l’APPO.
Dotée d’un capital prévisionnel de 5 milliards de dollars, cette banque panafricaine ambitionne de financer les projets énergétiques du continent, de la recherche à la transformation locale, en renforçant l’autonomie financière des États membres.
« Parachever la mise en place de cette Banque est quelque chose d'extrêmement important », a souligné le ministre ivoirien dans son discours d’investiture.
Un sommet des Chefs d’État de l’APPO est d’ores et déjà prévu au premier semestre 2026 pour mobiliser les 500 millions de dollars nécessaires au lancement effectif de la Banque.
Le contenu local, moteur du développement énergétique africain
Autre axe fort du programme 2026 : la mise en œuvre de la Déclaration de Brazzaville, adoptée lors de la 4ᵉ Conférence et Exposition de l’APPO sur le contenu local en Afrique (CECLA).
Ce texte engage les 18 pays membres à favoriser l’intégration des entreprises africaines dans la chaîne de valeur pétrolière et gazière, à travers dix actions prioritaires.
« On ne peut pas continuer de se payer le luxe d'importer ce que nous pouvons produire sur le continent », a insisté Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
« En Côte d’Ivoire, nous travaillons déjà à renforcer les capacités de nos entreprises pour que la majorité des biens et services soient contractés localement. »
Le ministre souhaite également étendre cette dynamique à l’échelle régionale et continentale, en promouvant un contenu local africain fort et compétitif.
Une présidence placée sous le signe de la souveraineté énergétique
Le premier Conseil ordinaire sous présidence ivoirienne se tiendra à Abidjan dès janvier 2026, marquant le début d’un mandat tourné vers la coopération, la durabilité et la souveraineté énergétique.
Fort de son expérience à la tête de plusieurs instances africaines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly a affirmé que sa présidence sera guidée par l’intérêt collectif et la continuité des avancées de l’organisation.
L’APPO en bref
Création : 1987
Siège : Brazzaville, République du Congo
Membres : 18 pays africains producteurs de pétrole et de gaz
Objectifs : Défendre les intérêts énergétiques communs du continent, promouvoir la coopération technique et favoriser une exploitation durable des ressources naturelles africaines.
Les enjeux énergétiques africains en chiffres
La production de pétrole brut en Afrique est estimée à près de 10 millions de barils/jour, soit environ 10 % de la production mondiale.
L’Afrique détient environ 60 % du potentiel solaire mondial, mais ne capte que moins de 3 % des financements globaux dédiés aux énergies propres.
En 2024, les investissements dans le secteur énergétique sur le continent ont été estimés à environ 110 milliards de dollars, dont près de 70 milliards pour les combustibles fossiles et la production électrique traditionnelle.
Selon le rapport de l’International Energy Agency (IEA), le continent devra mobiliser environ 25 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour pouvoir répondre à son déficit d’accès à l’électricité