Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) a tenu, le jeudi 25 septembre 2025, sa seconde session ordinaire autour d’une conférence publique organisée dans la salle plénière de l’Institution, au Plateau.
Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) veut être à la pointe de la technologie. C’est dans ce cadre qu’il a organisé sa seconde session 2025, autour d’une conférence de haut niveau placée sous le thème : « Intelligence Artificielle (IA) : défis et opportunités pour le développement de la Côte d’Ivoire ».
En ouvrant les travaux, le président de l’institution, Eugène Aka Aouélé, a rappelé l’importance des conférences publiques pour le CESEC. Selon lui, le thème du jour vise à comprendre dans quelle mesure l’intelligence artificielle peut devenir un véritable levier de développement, tout en analysant ses risques et ses limites.
« Comme toute révolution technologique qui bouleverse notre quotidien, la place grandissante de l’Intelligence Artificielle dans nos vies soulève des interrogations. Sera-t-elle un moteur de progrès pour nos sociétés ou une menace pour nos équilibres économiques, sociaux, environnementaux et culturels ? », a-t-il déclaré.
Le président a toutefois insisté sur le fait que l’IA est déjà bien présente dans la vie des citoyens et dans l’action publique. Elle pilote par exemple des systèmes médicaux capables de détecter précocement certaines maladies, optimise les réseaux de transport, améliore la productivité des entreprises et facilite l’accès à l’information.
À sa suite, le conférencier du jour, Dr Isaac Bayoh, a dressé un état des lieux sans concession de l’IA en Côte d’Ivoire. Selon lui, le pays dispose d’un important vivier de compétences en mathématiques, en informatique et en ingénierie.
Cependant, l’écosystème reste fragmenté et insuffisamment structuré : à ce jour, moins de 0,1 % des entreprises ivoiriennes utilisent de façon intégrée des solutions d’IA. Les universités, start-ups et institutions publiques travaillent en silos, sans cadre de coordination ni stratégie nationale cohérente.
L’expert a également relevé plusieurs défis majeurs : manque de données locales fiables, insuffisance de compétences spécialisées, absence de régulation, faible sensibilisation des décideurs et méfiance du grand public.
Il a averti que, sans encadrement, l’IA pourrait accentuer les inégalités, menacer des emplois, fragiliser la souveraineté technologique et mettre en péril certaines valeurs culturelles.
Info : L.F