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Moyen-Orient | Détroit d’Ormuz

L’Iran envisage un péage en cryptomonnaies, au risque d’un bras de fer juridique

Moyen-Orient | Détroit d’Ormuz
‘‘Ce projet soulève toutefois d’importantes questions de droit international’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Téhéran, 8 avril 2026 — Malgré l’annonce récente d’un cessez-le-feu, la circulation reste fortement perturbée dans le détroit d’Ormuz. Selon plusieurs sources concordantes, l’Iran envisage désormais d’imposer un système de péage inédit aux navires pétroliers, avec un mode de paiement en cryptomonnaies.

Un trafic maritime toujours sous tension

Mercredi, seuls quelques navires ont pu emprunter ce passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, signe que la situation reste fragile dans la zone.

Dans ce contexte, les autorités iraniennes étudieraient un dispositif visant à réguler — et monétiser — le passage des pétroliers dans le détroit.

Un péage indexé sur les cargaisons

Selon des informations rapportées notamment par le Financial Times, les navires transportant du pétrole devraient déclarer au préalable leur cargaison auprès des autorités iraniennes.

Les bâtiments à vide seraient autorisés à circuler librement, tandis que les autres devraient s’acquitter d’une taxe pouvant atteindre un dollar par baril transporté.

À pleine capacité, ce mécanisme pourrait générer jusqu’à 20 millions de dollars par jour, selon des estimations basées sur les niveaux de trafic d’avant-crise.

Le choix controversé des cryptomonnaies

Particularité majeure du dispositif : le paiement serait exigé en cryptomonnaies.

Un choix qui permettrait à Téhéran de contourner d’éventuelles sanctions internationales, les transactions en actifs numériques étant plus difficiles à tracer, bloquer ou saisir.

Pour Jérôme Mathis, professeur à l’université Paris-Dauphine, ce système renforcerait le levier de pression de l’Iran : le passage des navires pourrait être conditionné à la réception effective des paiements.

Une initiative contestée sur le plan juridique

Ce projet soulève toutefois d’importantes questions de droit international. Contrairement à des infrastructures artificielles comme le canal de Suez ou celui de Panama, le détroit d’Ormuz est une voie maritime naturelle.

À ce titre, l’Organisation maritime internationale rappelle que la liberté de navigation y est un principe fondamental, rendant toute taxation contestable.

Une dimension géopolitique assumée

Sur le plan politique, la proposition suscite déjà des réactions. Le président américain Donald Trump s’est dit favorable à l’idée d’un péage, évoquant même la possibilité d’une coopération économique avec l’Iran pour en tirer des revenus.

Une déclaration qui illustre les recompositions en cours autour de cette zone stratégique, au cœur des tensions énergétiques et sécuritaires mondiales.

Vers une nouvelle forme de pression économique ?

Si elle se concrétise, cette mesure marquerait une évolution notable dans l’usage des cryptomonnaies comme outil géopolitique.

Elle pourrait aussi accentuer les tensions avec les compagnies maritimes et les États dépendants de cette route essentielle, ouvrant la voie à un nouveau bras de fer entre souveraineté nationale et droit international.


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