Par Dahn Habib Sénamblé
À moins de deux semaines de la COP30, la Côte d’Ivoire a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie climatique. Le pays rehausse ses ambitions de réduction des émissions à 33 % d’ici 2035 et plaide pour une solidarité climatique mondiale.
Dans le cadre de la préparation de la 30ᵉ Conférence des Parties sur le climat (COP30) qui se tiendra à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre prochain, le gouvernement a officiellement présenté, le jeudi 30 octobre à Abidjan-Plateau, la troisième version de ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3.0), document-cadre de sa politique climatique à horizon 2035.
Le document a été remis par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Jacques Konan Assahoré, à son homologue des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, chef de la délégation ivoirienne à la COP30. La cérémonie, organisée à la Primature, a réuni diplomates, représentants du secteur privé, partenaires techniques et financiers ainsi que des membres de la société civile.
Des engagements rehaussés à l’horizon 2035
Les nouvelles CDN visent à renforcer les ambitions du pays en matière de lutte contre les changements climatiques, en s’appuyant sur les progrès réalisés depuis les versions précédentes, publiées en 2015 et 2022. « À travers ces nouvelles CDN, la Côte d’Ivoire s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % d’ici 2035, par rapport à un scénario de référence. Cela représente environ 52 millions de tonnes équivalent CO₂ », a déclaré Jacques Assahoré.
Selon le ministère, ces contributions actualisées s’inscrivent dans une démarche de développement durable et bas carbone, intégrant à la fois la croissance économique, la préservation des ressources naturelles et la résilience des communautés vulnérables.
Un coût global estimé à plus de 32 000 milliards FCFA
La mise en œuvre des CDN 3.0 nécessitera un financement évalué à 32 926 milliards de FCFA, mobilisable à travers les ressources publiques, privées et les mécanismes internationaux de financement climatique.
La représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, Blerta Cela, a salué la qualité du document et réaffirmé le soutien du PNUD et des partenaires techniques et financiers à sa mise en œuvre. « Les CDN 3.0 constituent un outil stratégique pour accélérer l’action climatique et assurer la transition écologique du pays », a-t-elle souligné.
Une diplomatie climatique active
Le ministre des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, a indiqué que la participation ivoirienne à la COP30 marquera une nouvelle étape dans la diplomatie environnementale du pays. « La Côte d’Ivoire portera un message de responsabilité et de solidarité, en plaidant pour un accès équitable au financement climatique et une meilleure prise en compte des besoins des pays africains », a-t-il déclaré.
Un pavillon de 100 m² aux couleurs de la Côte d’Ivoire sera aménagé à Belém pour présenter les initiatives nationales en matière de transition énergétique, de reboisement et d’adaptation aux effets du changement climatique.
Un signal fort à la veille de la COP30
Avec cette nouvelle feuille de route, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans la transition écologique en Afrique de l’Ouest.
Le gouvernement espère, à travers ces engagements révisés, consolider les acquis du Plan national de développement 2021-2025 et renforcer sa résilience face aux effets du réchauffement climatique.
Les discussions de Belém devraient notamment aborder la question du financement climatique, du transfert de technologies propres et de la responsabilité partagée entre pays développés et en développement.