Par La Rédaction – Dar es Salaam (Tanzanie), 31 octobre 2025
Trois jours après l’élection présidentielle et parlementaire, la Tanzanie reste en proie à de violentes émeutes. L’opposition évoque un bilan d’environ 700 morts depuis le début des affrontements, un chiffre impossible à confirmer de source indépendante.
Selon le parti d’opposition Chadema, près de 350 personnes auraient été tuées à Dar es Salaam et plus de 200 à Mwanza, dans le nord-ouest du pays. Les autorités n’ont publié aucun bilan officiel, tandis que le gouvernement reste silencieux sur l’ampleur des violences.
Sur le terrain, la tension demeure palpable. Dans la capitale économique, Dar es Salaam, les forces de sécurité maintiennent une forte présence militaire. Des check-points filtrent les déplacements et plusieurs quartiers, dont Tabata, ont encore été le théâtre d’affrontements ce vendredi matin.
Les habitants, après deux jours de confinement, tentent de se réapprovisionner. Les paiements électroniques et mobiles sont paralysés par la coupure d’internet, compliquant les achats dans les rares supermarchés ouverts. Les livraisons de produits frais sont également bloquées, selon plusieurs commerçants.
Dans un grand hôpital de la ville, plusieurs urgentistes ont confié à RFI avoir soigné plus d’une centaine de blessés par balle ces derniers jours. Un dispositif médical renforcé est visible sur place, malgré les dénégations de la direction hospitalière.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est déclaré « alarmé » par la situation et a exhorté les forces de sécurité tanzaniennes à éviter tout recours à une force « non nécessaire ou disproportionnée ». Il a également appelé les manifestants à la retenue et à la manifestation pacifique.
Les troubles ont éclaté à la suite de la réélection controversée de la présidente Samia Suluhu Hassan, dont l’opposition conteste la légitimité du scrutin, accusant les autorités d’irrégularités massives et de répression politique.
Source: Rfi