Par la rédaction – 30 octobre 2025
Alors que la Côte d’Ivoire entre dans la phase pré-électorale des législatives prévues le 27 décembre, le climat politique s’est soudainement tendu. Plusieurs cadres du Front commun, alliance regroupant le PDCI-RDA de Tidjane Thiam et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, ont été convoqués les 27 et 28 octobre à la préfecture de police d’Abidjan.
L’opposition y voit une tentative du pouvoir de freiner la participation de ses membres aux législatives du 27 décembre.
Des figures politiques visées
Aucours d’un point de presse, le député de Bloléquin et porte-parole adjoint du PPA-CI, Jean-Gervais Tchéidé, a dénoncé une « vague de convocations arbitraires ».
« Les personnalités convoquées sont les collaborateurs proches et directs du président Laurent Gbagbo et du président Tidjane Thiam », a-t-il affirmé.
Côté PDCI-RDA, figurent notamment Noël Akossi Bendjo, Sylvestre Emou, Augustin Dia Houphouet et Alain Cocauthrey.
Au PPA-CI, les noms du Professeur Hubert Oulaye, de Damana Adia Pickass, de Maître Abiba Touré et de Demba Traoré sont cités.
Soupçons de manœuvre politique
Selon le Front commun, ces convocations interviennent dans un contexte tendu, après un scrutin présidentiel contesté et à la veille des législatives.
« Le régime veut mettre sous contrôle judiciaire les figures influentes de l’opposition », estime M. Tchéidé, dénonçant « une stratégie cousue de fil blanc » du parti au pouvoir, le RHDP, pour affaiblir ses adversaires.
Poursuites suspendues, tensions persistantes
Des sources proches du Front commun ont indiqué que les poursuites auraient été suspendues. Le mouvement affirme « prendre acte » de cette évolution, tout en demandant « l’arrêt des procédures et la libération sans condition des détenus politiques ».
« Notre pays est devenu une prison à ciel ouvert », a déclaré le porte-parole, appelant la communauté internationale à suivre la situation de près.
Le Front commun dit “prendre acte” de cette évolution, tout en exigeant « l’arrêt immédiat des procédures et la libération sans condition de toutes les personnes détenues pour leurs opinions politiques ».
Aucune réaction officielle de la préfecture de police d’Abidjan ni du ministère de l’Intérieur n’avait été enregistrée mardi soir.
Une pré-campagne sous haute surveillance
À moins de deux mois des législatives, la période s’annonce délicate. Les appels à la mobilisation se multiplient dans les rangs de l’opposition, tandis que le gouvernement reste pour l’heure silencieux sur les convocations dénoncées.
Malgré les tensions, ses dirigeants affirment rester ouverts au dialogue politique, convaincus que « seule la concertation peut préserver la stabilité du pays ».