‘‘les États-Unis et l’Iran se sont accordés sur une suspension temporaire des hostilités’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Jérusalem/Téhéran/Beirut, 8 avril 2026 — Un accord de cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran, accompagné d’une ouverture conditionnelle du détroit d’Ormuz, tente de desserrer l’étau au Moyen-Orient. Mais sur le terrain, les violences se poursuivent, notamment au Liban, où Israël affirme que « la bataille continue ».
Une trêve conditionnée entre Washington et Téhéran
Selon les annonces faites mardi et mercredi, les États-Unis et l’Iran se sont accordés sur une suspension temporaire des hostilités pour une durée de deux semaines.
Dans le cadre de cet arrangement, Washington a indiqué être prêt à interrompre les bombardements si Téhéran accepte de rouvrir complètement le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
De son côté, l’Iran a confirmé accepter une réouverture temporaire du détroit pour deux semaines, à condition que les frappes contre son territoire cessent. Téhéran évoque également l’ouverture de discussions avec les États-Unis, notamment dans la capitale pakistanaise Islamabad, selon un communiqué du Conseil suprême de la sécurité nationale.
Israël affirme que le cessez-le-feu ne concerne pas le Liban
Dans ce contexte, Israël estime que l’accord en cours ne s’applique pas au Liban. Un porte-parole militaire israélien a déclaré que « la bataille continue » contre le Hezbollah, mouvement pro-iranien actif dans le pays.
L’armée israélienne a également diffusé plusieurs appels à évacuation dans des zones du sud et de la banlieue sud de Beyrouth, en amont de nouvelles opérations.
Frappe massive sur le Liban et lourdes pertes civiles
Mercredi, l’armée israélienne a mené ce qu’elle décrit comme sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah. Les attaques ont touché plusieurs secteurs du Liban, y compris des zones urbaines densément peuplées.
Selon le ministère libanais de la Santé, ces frappes sont les plus violentes enregistrées depuis le début du conflit et ont fait des dizaines de morts ainsi que des centaines de blessés.
À Beyrouth, des scènes de destruction ont été observées, notamment dans des quartiers résidentiels touchés par les bombardements, où secouristes et habitants ont tenté de dégager les décombres.
Tensions diplomatiques et menaces économiques américaines
Parallèlement aux opérations militaires, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % à tout pays qui fournirait des armes à l’Iran, sans exception ni exemption.
Cette annonce intervient dans un climat diplomatique particulièrement tendu, alors que les médiations se multiplient pour éviter une extension régionale du conflit.
Des médiations multiples mais une paix encore incertaine
Des initiatives diplomatiques impliquant plusieurs acteurs régionaux, dont le Pakistan, évoquent un accord plus large de cessez-le-feu incluant l’ensemble des fronts, y compris le Liban.
Islamabad affirme avoir contribué à une médiation ayant conduit à un accord de principe entre les parties, mais sur le terrain, les hostilités montrent que la mise en œuvre reste incertaine et fragmentée.
Un cessez-le-feu sous tension
Alors que les grandes puissances évoquent une désescalade progressive autour de l’Iran, la réalité du conflit reste marquée par des divergences d’interprétation et des combats actifs sur plusieurs fronts.
Au Liban, en particulier, les opérations militaires israéliennes et les pertes civiles soulignent la fragilité d’un équilibre diplomatique encore loin d’être consolidé.