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Burkina Faso | Deux mois après son extradition

Damiba prisonnier du secret à Ouagadougou, sa détention suscite interrogations au sein de ses proches

Burkina Faso | Deux mois après son extradition
‘‘L’ancien chef d’État burkinabè dans une zone d’ombre judiciaire’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Ouagadougou, 3 avril 2026 – Les conditions de détention de l’ancien président de transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, suscitent l’inquiétude de ses proches, près de deux mois après son extradition du Togo et son placement en détention à Ouagadougou, ont indiqué des sources familiales et sécuritaires.

Détention au secret

Arrêté puis extradé le 17 janvier, l’ex-chef d’État est détenu dans une annexe des services de renseignement à Ouagadougou. Il serait maintenu au secret et n’aurait, à ce stade, aucun avocat officiellement désigné, selon des proches.

Ses soutiens affirment être sans nouvelles directes de lui depuis plusieurs semaines, une situation qu’ils jugent préoccupante.

Accusations et enquête en cours

Les autorités burkinabè accusent l’ancien dirigeant d’être impliqué dans plusieurs tentatives de déstabilisation du pouvoir, ainsi que dans des faits présumés de « détournement de deniers publics », « corruption » et « enrichissement illicite ».

Aucune communication officielle n’a toutefois été faite sur l’avancement de la procédure judiciaire.

Soupçons de mauvais traitements

Selon une source proche du dossier, des interrogatoires auraient été menés dans des conditions difficiles, évoquant des « sévices physiques », des accusations que les autorités n’ont pas commentées.

Ces allégations rappellent, selon la même source, d’autres affaires récentes de violences présumées sur des personnes mises en cause dans des dossiers sensibles.

Flou autour de sa défense

L’absence d’avocat désigné alimente les interrogations sur les garanties judiciaires entourant la procédure. Au sein du barreau burkinabè, aucune équipe de défense n’a encore été officiellement annoncée, malgré les spéculations sur la constitution prochaine d’un collège d’avocats.

Dans ce contexte, le sort judiciaire et les conditions de détention de l’ancien président de transition continuent de susciter de nombreuses interrogations à Ouagadougou.

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