Dans le cadre du renforcement de l’inclusion sociale et de la présence de l’État dans les zones frontalières, la Commission nationale des Frontières de la Côte d’Ivoire (CNFCI) a procédé, le lundi 13 octobre 2025, au lancement officiel du projet de délivrance gratuite des extraits de naissance pour les populations des régions du Bounkani et du Tchologo.
La cérémonie, tenue à Abidjan, a été présidée par Diakalidia Konaté, secrétaire exécutif de la CNFCI, en présence d’Amara Kouyaté, directeur général délégué de la Fondation Banque ouest-africaine de Développement (BOAD), partenaire financier du projet.
D’un montant total de 18,549 millions FCFA, ce projet pilote ambitionne de mettre en place un mécanisme simplifié et gratuit de délivrance des documents d’identité dans les zones concernées. Il couvrira quatre préfectures, sept sous-préfectures et 35 villages et campements, ciblant prioritairement les enfants et les adultes vulnérables, notamment ceux qui, faute d’acte de naissance, demeurent invisibles aux yeux de l’administration.
Le projet débutera le 10 décembre 2025 avec une campagne de sensibilisation et s’achèvera fin juillet 2026 par une évaluation complète de son impact sur les populations bénéficiaires.
Donner une existence légale à tous les citoyens
Prenant la parole, Diakalidia Konaté a souligné la portée symbolique et sociale de cette initiative, qu’il qualifie d’« urgence humaine et républicaine ».
« Ce projet vise à conférer une existence légale à des milliers de citoyens privés d’identité reconnue, et donc exposés à l’exclusion, à l’insécurité et à la précarité », a-t-il expliqué.
Il a également insisté sur le fait que cette opération s’inscrit dans la vision d’une Côte d’Ivoire solidaire, inclusive et protectrice, traduisant la volonté du gouvernement de rapprocher l’État des citoyens dans les zones les plus reculées du pays.
Appelant à une mobilisation collective, le secrétaire exécutif a invité le corps préfectoral, les officiers d’état civil, les magistrats, les agents de santé et les leaders communautaires à jouer pleinement leur rôle pour assurer la réussite et la crédibilité du projet.
Pour sa part, Amara Kouyaté a salué ce partenariat comme une expression concrète de la mission sociale de la Fondation BOAD, résolument engagée aux côtés des États membres de l’UEMOA.
« Dans bien des villages frontaliers, l’absence d’un simple acte de naissance suffit à briser le destin d’un enfant », a-t-il déclaré, rappelant que ce document est le premier droit fondamental et la porte d’entrée vers l’éducation, la santé et la citoyenneté.
Ce projet pilote pourrait servir de modèle d’action sociale à étendre à d’autres régions frontalières, contribuant ainsi à bâtir une Côte d’Ivoire où chaque citoyen compte et existe aux yeux de la République.
La Rédaction