‘‘Le président de la transition militaire promet la fin du conflit et met en garde contre toute “provocation” étrangère’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Ouagadougou, 3 avril 2026 – Le capitaine Ibrahim Traoré a dressé le bilan de la première année de la « Révolution progressiste populaire », promettant des avancées sécuritaires tout en tenant des propos tranchés sur la démocratie et les relations internationales, dans un entretien accordé à plusieurs médias.
Une guerre « bientôt terminée », selon le pouvoir
Sur le front sécuritaire, le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso s’est voulu optimiste, affirmant que la fin du conflit contre les groupes armés jihadistes était proche. Il a évoqué des progrès militaires significatifs ainsi que la réinstallation progressive de personnes déplacées.
Le pays est confronté depuis plusieurs années à une insécurité persistante, qui a provoqué une grave crise humanitaire.
Une vision radicale de la démocratie
Revenant sur la charte de la Révolution récemment adoptée, Ibrahim Traoré a affirmé que les élections n’étaient pas une priorité immédiate.
Dans des propos controversés, il a estimé que « la démocratie tue » et l’a comparée à une forme « d’esclavage », citant notamment des exemples de crises internationales pour appuyer son argumentation.
Tentative de coup d’État et tensions régionales
Le dirigeant burkinabè est également revenu sur la tentative de coup d’État de janvier 2026, évoquant un dossier « complexe » impliquant, selon lui, plusieurs acteurs étrangers et personnalités internationales.
Il a notamment mentionné l’extradition depuis le Togo de l’ancien dirigeant de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba dans ce contexte.
Mise en garde à l’égard des pays voisins
Dans un ton ferme, le capitaine Traoré a averti que son pays pourrait répondre militairement à toute provocation extérieure. Il a évoqué un incident frontalier impliquant la Côte d’Ivoire comme exemple des tensions persistantes dans la région.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional marqué par des relations parfois tendues entre les États dirigés par des régimes militaires en Afrique de l’Ouest et certains de leurs voisins.
L’entretien du chef de la junte confirme une ligne politique axée sur la sécurité et la souveraineté, au prix d’un durcissement du discours vis-à-vis de la démocratie et des partenaires internationaux.