‘‘Au large de la Mauritanie, la dangereuse route migratoire vers l’Europe reprend de l’ampleur’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Nouakchott, 9 juin 2026 – Les autorités mauritaniennes ont annoncé mardi avoir secouru plus d’un millier de migrants au large de leurs côtes en l’espace de dix jours, signe d’une reprise des départs clandestins vers l’Europe par la dangereuse route atlantique.
Selon les garde-côtes de Mauritanie, 1 076 migrants ont été interceptés ou secourus dans les eaux mauritaniennes entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin.
« En l’espace de dix jours, 1 076 migrants ont été secourus dans les eaux mauritaniennes », a déclaré à l’AFP Ahmed Moulaye, directeur de la lutte contre la migration irrégulière au sein des garde-côtes mauritaniens.
Parmi eux, 194 personnes avaient déjà été prises en charge le 31 mai dernier par la marine mauritanienne lors d’une opération d’assistance à une pirogue en difficulté.
Reprise des traversées vers les Canaries
Depuis plusieurs années, la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest est devenue l’une des principales routes migratoires vers l’Europe.
Des milliers de migrants originaires notamment du Sénégal, du Mali, de la Guinée ou encore de la Côte d’Ivoire tentent régulièrement de rejoindre l’archipel espagnol des Îles Canaries à bord d’embarcations de fortune.
Cette route maritime est considérée comme l’une des plus meurtrières au monde en raison des longues distances, des courants puissants et de l’état souvent précaire des pirogues utilisées.
Les traversées peuvent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sous des températures extrêmes et avec peu de vivres à bord.
Les autorités mauritaniennes sous pression
Pays de transit stratégique entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe, la Mauritanie fait face depuis plusieurs mois à une pression migratoire croissante.
Les autorités ont renforcé les patrouilles maritimes et les opérations de surveillance en coopération avec plusieurs partenaires européens, notamment Espagne et l’Union européenne.
Mais malgré le durcissement des contrôles, les départs se poursuivent, alimentés par la pauvreté, l’instabilité sécuritaire dans le Sahel et l’espoir d’une vie meilleure en Europe.
Selon plusieurs organisations internationales, le nombre de migrants empruntant la route atlantique a fortement augmenté ces dernières années, faisant des Canaries l’un des principaux points d’entrée migratoire vers l’Europe.