‘‘Forêts, agriculture, ressources naturelles : Le gouvernement ivoirien débloque un vaste programme vert’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 3 juin 2026 – Le gouvernement ivoirien a adopté mercredi en Conseil des ministres trois décrets portant ratification d’accords de financement conclus avec la Banque africaine de développement et le Fonds africain de développement (FAD), pour un montant global de plus de 11,9 milliards de FCFA destinés au Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN).
La décision a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres présidé au Palais présidentiel d’Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara.
Trois accords de financement adoptés
Selon le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, les financements comprennent : « un prêt de 12,6 millions de dollars américains accordé par la BAD, soit environ 7,02 milliards de FCFA » ; « un second prêt du Fonds africain de développement d’un montant de 5 millions d’unités de compte, estimé à près de 3,82 milliards de FCFA » ; « ainsi qu’un don additionnel de 1,9 million de dollars américains, soit environ 1,05 milliard de FCFA. »
Ces financements additionnels visent à soutenir la mise en œuvre du Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le Bassin du Niger (PIDACC/BN).
Préserver les écosystèmes et lutter contre le changement climatique
Le programme vise principalement à préserver les écosystèmes du Bassin du Niger et à renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
D’après le gouvernement ivoirien, le PIDACC/BN doit permettre, à terme, de réduire significativement l’ensablement du fleuve Niger, d’améliorer la gestion intégrée des ressources naturelles et de renforcer les systèmes de production agrosylvopastoraux dans plusieurs régions du centre du pays.
Les autorités ambitionnent également d’accroître la couverture forestière dans l’ancienne boucle du cacao, fortement affectée ces dernières décennies par la déforestation et la pression agricole.
Plusieurs régions du centre concernées
Le projet couvre notamment l’ancienne boucle du cacao, comprenant les régions du Bélier, du Gbêkê, du N’Zi, du Moronou et de l’Iffou, des zones particulièrement exposées à la dégradation des terres et à la raréfaction des ressources forestières.
Les bénéficiaires directs du projet sont estimés à environ 30 000 personnes, dont 30 % de femmes et 20 % de jeunes.
Un enjeu environnemental et économique
Au-delà de la protection de l’environnement, le gouvernement ivoirien présente ce programme comme un levier de développement rural durable, dans un contexte où les effets du changement climatique affectent de plus en plus les productions agricoles et les équilibres écologiques dans plusieurs régions du pays.
Le PIDACC/BN s’inscrit dans une initiative régionale impliquant plusieurs pays membres du Bassin du Niger et soutenue par les partenaires techniques et financiers africains, avec pour objectif de concilier développement économique, sécurité alimentaire et gestion durable des ressources naturelles.