‘‘Kidal au cœur d’une confrontation sans avancée décisive, la crainte d’une nouvelle offensive grandit’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Bamako, 28 mai 2026 – L’armée malienne a mené de nouvelles frappes aériennes dans la nuit de mardi à mercredi contre la ville de Kidal, dans le nord du pays, où les forces gouvernementales et les groupes armés restent retranchés sur leurs positions depuis plusieurs semaines, selon des sources locales et sécuritaires.
Ces opérations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre les forces maliennes, appuyées par leurs partenaires russes de l’Africa Corps, et les groupes indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), alliés à des combattants jihadistes du JNIM.
Kidal visée par des frappes répétées
Selon plusieurs témoins, des drones et avions de combat auraient ciblé différents quartiers de Kidal, provoquant des destructions d’infrastructures civiles, dont une mosquée et plusieurs habitations.
Le gouvernorat de la ville, récemment rénové, ainsi que des zones proches de l’aéroport auraient également été touchés lors de frappes précédentes ces derniers jours.
Aucune communication officielle de l’armée malienne n’a confirmé ces opérations. Sollicitées, les autorités militaires n’ont pas donné suite.
Un statu quo militaire sur le terrain
Depuis la reprise de Kidal par les forces indépendantistes le 25 avril dernier, les deux camps se disent prêts à de nouveaux affrontements, sans pour autant engager d’offensive d’envergure.
Le FLA affirme contrôler plusieurs centaines de militaires maliens faits prisonniers lors des combats, tandis que les forces gouvernementales maintiennent des positions à Aguelhoc et Anefis, où des activités logistiques et des mouvements de troupes sont signalés.
Des sources militaires évoquent des rotations, des livraisons de munitions et des patrouilles régulières dans la zone, sans avancée décisive sur le terrain.
Accusations et guerre des récits
Le FLA accuse les forces maliennes de mener une « politique de la terre brûlée » et de viser délibérément des infrastructures civiles afin de rendre la ville inhabitable.
De leur côté, plusieurs analystes estiment que la stratégie militaire actuelle pourrait traduire une difficulté à reprendre durablement le contrôle de Kidal, devenue un point hautement symbolique du conflit dans le nord du Mali.
Extension des violences vers d’autres régions
Dans la région de Tombouctou, des affrontements ont également été signalés à Tonka, où des attaques attribuées au JNIM ont fait un mort et plusieurs blessés selon des sources locales.
L’armée malienne affirme de son côté avoir mené des frappes dans plusieurs régions du centre et de l’ouest du pays, faisant état de « terroristes neutralisés », sans fournir de bilan précis.
Appel à la « souveraineté » et poursuite des opérations
À l’occasion de la fête de la Tabaski, le président de transition Assimi Goïta a appelé les populations à s’opposer au « terrorisme multiforme » et réaffirmé la poursuite des opérations militaires.
Les autorités de transition promettent de poursuivre les offensives « partout où se trouvent les groupes armés », dans un contexte où les combats dans le nord du Mali restent marqués par une forte incertitude stratégique et une intensification ponctuelle des frappes aériennes.