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Côte d’Ivoire | Économie verte

Le gouvernement prépare une taxe carbone pour accélérer la transition énergétique

Côte d’Ivoire | Économie verte
‘‘CO2, carburants, transition énergétique : la Côte d’Ivoire prépare une réforme majeure’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Abidjan, 28 mai 2026 – Le gouvernement ivoirien prépare la mise en place progressive d’une taxe sur les émissions de carbone afin de réduire les gaz à effet de serre et accompagner la transition vers une économie plus verte, selon un document stratégique présenté par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.

Cette stratégie nationale de taxation carbone intervient dans un contexte de forte croissance économique en Côte d’Ivoire, mais aussi d’augmentation continue des émissions de CO2 liées notamment à l’industrialisation, aux transports utilisant les énergies fossiles et à l’agriculture d’exportation.

Une économie exposée au changement climatique

Les autorités ivoiriennes soulignent que les effets du changement climatique sont déjà perceptibles dans le pays, avec une hausse des températures et des perturbations des régimes de pluie affectant particulièrement le secteur agricole, qui emploie près de la moitié de la population active.

S’appuyant sur des données de la Banque mondiale, le document indique que le changement climatique pourrait entraîner une baisse de 13 % du produit intérieur brut ivoirien d’ici 2050.

Face à ces risques, la Côte d’Ivoire a renforcé ses engagements climatiques dans le cadre de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), avec un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de plus de 33 % d’ici 2035 sur ressources propres, et jusqu’à 74 % avec l’appui international.

Une taxe appliquée aux carburants fossiles

Le projet prévoit l’application de la taxe carbone sur les carburants fossiles, à l’exception du gaz butane, considéré comme une énergie de transition pour les ménages.

Selon les simulations présentées par les autorités, une taxe initiale de 8 dollars par tonne de CO2 permettrait déjà une baisse des émissions de l’ordre de 200 000 tonnes. À un niveau de 50 dollars la tonne, la réduction pourrait atteindre 1,2 million de tonnes.

Le gouvernement estime toutefois que l’impact sur la croissance économique resterait limité, avec un recul évalué à 0,058 % du PIB la première année, en raison de la hausse des prix des carburants.

Des recettes destinées aux ménages et à l’énergie

Les autorités assurent vouloir réaffecter les recettes générées par cette taxe au financement de politiques sociales et énergétiques.

Les fonds collectés devraient notamment servir à renforcer l’accès à l’électricité, soutenir les cuisinières à gaz ou solaires afin de réduire l’usage du charbon de bois, financer des transferts directs aux ménages vulnérables et accompagner la création d’emplois verts.

Le gouvernement évoque également la possibilité d’introduire des mesures fiscales favorables aux véhicules propres, à travers des exonérations ciblées ou des dispositifs de soutien aux infrastructures de recharge.

Une mise en œuvre progressive jusqu’en 2035

La stratégie prévoit un déploiement en plusieurs étapes. Une première phase de préparation est programmée entre 2026 et 2027 pour mettre en place le cadre juridique et institutionnel.

L’entrée en vigueur effective de la taxe est envisagée entre 2028 et 2029, avec un niveau initial présenté comme « acceptable » afin de limiter les effets sur les populations et les entreprises.

La phase de montée en puissance devrait ensuite s’étendre jusqu’en 2035, avec une réévaluation progressive des niveaux de taxation pour renforcer les incitations à la transition énergétique.

Le gouvernement ivoirien affirme vouloir accompagner cette réforme par un dispositif de concertation et de communication destiné à favoriser son acceptabilité sociale.

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