‘‘L’artiste laisse derrière elle plus de six décennies de carrière consacrées à la promotion des rythmes populaires’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Bogota, 20 mai 2026 – La chanteuse colombienne Totó la Momposina, figure emblématique des musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne, est décédée mardi au Mexique à l’âge de 85 ans, des suites d’un infarctus, a annoncé sa famille.
Une voix majeure du folklore colombien
De son vrai nom Sonia Bazanta Vides, l’artiste laisse derrière elle plus de six décennies de carrière consacrées à la promotion des rythmes populaires colombiens comme la cumbia, le porro, le mapalé ou encore le bullerengue.
Sa disparition a suscité une vague d’émotion en Colombie. Le président Gustavo Petro a salué « une excellente artiste représentant l’art et la culture caribéenne de Colombie », tandis que plusieurs responsables politiques et culturels ont rendu hommage à celle que beaucoup considéraient comme l’ambassadrice mondiale du folklore colombien.
Des racines afro-caribéennes revendiquées
Née en 1940 dans la région de Bolívar, au nord de la Colombie, Totó la Momposina grandit dans un univers musical marqué par les traditions afro-colombiennes et amérindiennes. Très tôt initiée aux chants et aux percussions par ses parents, elle fera de cette identité métissée la signature de son œuvre.
Dans les années 1960, elle fonde son propre groupe avec l’ambition de faire connaître les musiques rurales colombiennes, encore marginalisées dans les grandes villes du pays. Son succès dépassera rapidement les frontières nationales.
Une carrière internationale
Installée un temps à Paris, où elle étudie à la Sorbonne tout en se produisant sur scène, elle enregistre plusieurs albums majeurs et acquiert une renommée internationale. En 1982, elle accompagne l’écrivain Gabriel García Márquez lors de la remise de son prix Nobel de littérature à Stockholm.
Récompensée à plusieurs reprises aux Latin Grammy Awards, Totó la Momposina s’est imposée comme l’une des grandes voix de la culture latino-américaine.
« La musique est éternelle »
Elle avait fait ses adieux à la scène en 2022, lors d’un concert à Bogota. Fidèle à son attachement à la musique populaire, elle déclarait alors : « Le jour de ma mort, ne me pleurez pas ; chantez pour moi et jouez du tambour, car la musique est éternelle. »