‘‘Le président du PPA-CI a critiqué la mise aux arrêts de certains de ses militants’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Abidjan, 20 mai 2026 – L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a dénoncé les atteintes aux libertés publiques, la détention de militants politiques et les conditions d’organisation des élections en Côte d’Ivoire, lors de son discours prononcé à Songon à l’occasion de la Fête de la Renaissance du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Devant plusieurs milliers de militants et sympathisants réunis dans la commune de Songon, à la périphérie d’Abidjan, l’ancien chef de l’État a affirmé que plus de « 1 600 camarades » seraient détenus dans les prisons ivoiriennes pour des raisons politiques.
« Nous avons beaucoup de camarades en prison. Il nous faut travailler pour qu’ils soient libérés », a déclaré Laurent Gbagbo, évoquant notamment les cas de plusieurs militants du PPA-CI arrêtés ces derniers mois.
Critiques sur les libertés publiques et les arrestations
L’ex-président ivoirien a particulièrement dénoncé l’emprisonnement de militants ayant participé à des manifestations contre la vie chère, estimant qu’« exprimer son opinion ne doit pas conduire en prison ».
Il a également évoqué le cas d’un jeune influenceur surnommé « le petit Zigui », arrêté après des publications sur les réseaux sociaux.
« Ce jeune a 25 ans. Il est sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qu’on lui reproche exactement ? », a-t-il interrogé sous les applaudissements de ses partisans.
Laurent Gbagbo a affirmé que la défense des libertés publiques demeurait au cœur du combat politique du PPA-CI, formation qu’il dirige depuis sa création en 2021 après son départ du Front populaire ivoirien (FPI).
Un discours critique sur le processus électoral
L’ancien président ivoirien a également critiqué le processus électoral en Côte d’Ivoire, dénonçant ce qu’il a qualifié de « brouhaha politique ».
Sans entrer dans les détails, il a évoqué le retrait de certaines candidatures lors de précédentes échéances électorales ainsi que le fonctionnement de la commission électorale.
« On organise une élection présidentielle et on retire les noms de certains candidats », a-t-il déclaré, estimant que certaines pratiques électorales nuisent à la crédibilité du scrutin.
Gbagbo annonce une délégation de pouvoirs au sein du PPA-CI
Réélu récemment à la tête du PPA-CI lors du congrès du parti, Laurent Gbagbo a annoncé qu’il procéderait prochainement à une délégation de pouvoirs pour assurer le fonctionnement quotidien de la formation politique.
L’ancien chef de l’État a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas de désigner un successeur politique.
« Je vais déléguer les pouvoirs du président, mais cela ne veut pas dire que je nomme mon successeur », a-t-il insisté.
Il a également annoncé la tenue prochaine des congrès de la Ligue des jeunes et de la Ligue des femmes du PPA-CI.
Soutien aux pays sahéliens confrontés aux rébellions
Dans la dernière partie de son intervention, Laurent Gbagbo a abordé la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Il a appelé les États africains à renforcer leur coopération face aux groupes armés et aux rébellions dans la région sahélienne.
Évoquant le Mali, il a dénoncé les tentatives de déstabilisation visant, selon lui, les autorités de transition dirigées par Assimi Goïta.
L’ancien président ivoirien a également réaffirmé son opposition à toute tentative de partition des États africains, estimant que « les Africains doivent s’organiser pour défendre leurs pays et leur souveraineté ».
La Fête de la Renaissance du PPA-CI intervient dans un contexte politique marqué par les débats autour des libertés publiques, de la réforme de la commission électorale et des prochaines échéances électorales en Côte d’Ivoire.