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Royaume-Uni | Brexit

Dix ans après le référendum, le la question revient au cœur du débat politique

Royaume-Uni | Brexit
‘‘Le parti travailliste divisé par la question du retour au sein de l’Union Européenne’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Londres, 19 mai 2026 – Dix ans après le référendum ayant conduit le Royaume-Uni à quitter l’Union européenne, le Brexit s’impose de nouveau comme un sujet central du débat politique britannique, sur fond de crise au sein du gouvernement travailliste.

Fragilisé après la défaite de son parti aux élections locales du 7 mai, le Premier ministre Keir Starmer fait face à des contestations internes. Deux figures du Parti travailliste, le ministre de la Santé Wes Streeting et le maire de Manchester Andy Burnham, se positionnent déjà pour lui succéder.

Le retour dans l’UE relance les divisions

La question européenne a refait surface après les déclarations de Wes Streeting, qui a affirmé qu’il défendrait, à terme, un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne s’il accédait au pouvoir.

Une prise de position qui tranche avec la prudence habituelle des responsables britanniques sur le Brexit, sujet resté hautement sensible depuis le référendum du 23 juin 2016.

Son rival Andy Burnham a rapidement rejeté cette perspective, estimant qu’il était « hors de question » de rouvrir les fractures du passé et appelant plutôt à se concentrer sur les difficultés économiques et sociales actuelles.

Un débat relancé malgré les tabous

Depuis ces déclarations, le Brexit domine de nouveau la campagne interne travailliste, reléguant au second plan les questions de programme et de gouvernance.

Le ministre britannique du Commerce, Chris Bryant, a également affirmé espérer voir son pays réintégrer l’Union européenne « de son vivant », signe d’une évolution progressive du discours au sein d’une partie de la classe politique.

Selon plusieurs sondages récents, une majorité de Britanniques souhaitent désormais renforcer les relations avec l’Europe, notamment à travers un assouplissement des règles commerciales et une coopération accrue dans l’éducation et la mobilité étudiante.

Bruxelles reste prudente

Du côté européen, les institutions évitent toute spéculation publique sur une éventuelle réintégration britannique. La Commission européenne affirme privilégier une coopération « concrète et sectorielle » avec Londres.

En coulisses toutefois, de nombreux responsables européens continuent de considérer le Brexit comme une perte stratégique majeure pour le continent.

Mais un éventuel retour du Royaume-Uni dans le bloc européen supposerait de longues négociations politiques et institutionnelles, aussi bien à Londres qu’à Bruxelles. Plusieurs États membres attendent également des garanties sur des sujets sensibles comme les règles commerciales, les normes agricoles ou l’accès au marché unique.

Alors que le prochain sommet euro-britannique a encore été reporté, les relations entre Londres et Bruxelles semblent ainsi entrer dans une nouvelle phase, dix ans après un divorce historique qui continue de marquer durablement la vie politique britannique et européenne.

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