‘‘Plusieurs cadres et militants radiés et suspendus du parti’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 15 mai 2026 – À l’ouverture de son premier congrès ordinaire ce jeudi à Abidjan, le Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire a annoncé une série de sanctions contre plusieurs de ses cadres et militants, accusés d’avoir défié la ligne officielle du parti lors de la présidentielle de 2025 et des législatives organisées quelques mois plus tard.
Trois figures du parti ont été radiées : Ahoua Don Mello, ancien directeur général du BNETD et candidat indépendant à la présidentielle de 2025, Kanga Kouakou Antoine et Fernand Ahilé. Plusieurs autres responsables, parmi lesquels Stéphane Kipré et Georges Armand Ouégnin, ont écopé de suspensions allant de 12 à 18 mois.
Une réponse à la défiance électorale
Ces sanctions interviennent dans un contexte de recomposition interne du parti fondé par Laurent Gbagbo, reconduit à sa tête lors du congrès.
Le PPA-CI avait choisi de boycotter la présidentielle du 25 octobre 2025 ainsi que les législatives de décembre, dénonçant notamment les conditions d’organisation du scrutin. Mais plusieurs cadres avaient décidé de se présenter malgré la consigne du parti.
C’est notamment le cas d’Ahoua Don Mello, qui avait obtenu près de 2 % des suffrages à la présidentielle, ou encore de Stéphane Kipré, élu député indépendant dans la région de Daloa. Pour la direction du PPA-CI, ces candidatures ont constitué un acte d’indiscipline remettant en cause l’autorité du parti.
Entre fermeté et risque de fracture
Pour certains observateurs, cette vague de sanctions traduit une volonté du PPA-CI de réaffirmer sa cohésion après plusieurs mois de dissensions internes. Le parti cherche à restaurer une discipline militante et à clarifier sa ligne politique à l’approche des prochaines échéances électorales.
Mais cette stratégie comporte aussi des risques. Les personnalités sanctionnées disposent encore d’une influence politique et militante, notamment dans certaines régions du pays et au sein de la mouvance pro-Gbagbo. Leur mise à l’écart pourrait accentuer les divisions internes dans un parti qui tente de se repositionner sur l’échiquier politique ivoirien.
Stéphane Kipré plaide pour une réorganisation
Dans une lettre adressée aux congressistes avant le congrès, Stéphane Kipré avait appelé à une « direction tournée vers l’avenir » et à une modernisation du fonctionnement du parti. Tout en réaffirmant son attachement à Laurent Gbagbo, il plaidait pour une nouvelle répartition des responsabilités et un retour au dialogue politique.
Ces prises de position illustrent les débats qui traversent actuellement le PPA-CI : comment préserver l’héritage politique de Laurent Gbagbo tout en préparant une nouvelle génération de dirigeants et une stratégie électorale plus offensive.
Un parti en quête de relance
Au-delà des sanctions, le congrès du PPA-CI visait surtout à relancer une formation fragilisée par son absence des dernières compétitions électorales. La direction du parti entend désormais réorganiser ses structures de base, remobiliser ses militants et renforcer sa présence sur le terrain.
Reste à savoir si cette démonstration d’autorité permettra de consolider le parti autour de Laurent Gbagbo, ou si elle ouvrira une nouvelle phase de tensions dans l’opposition ivoirienne.