‘‘L’UE sous pression après un rapport accusant ses États d’exporter des logiciels espions’’
Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi
Bruxelles, 12 mai 2026 – L’Union européenne est mise en cause par Human Rights Watch (HRW), qui l’accuse dans un rapport publié mercredi d’avoir permis l’exportation de logiciels espions et d’outils de surveillance vers des pays accusés de violations des droits humains.
Selon l’ONG, plusieurs États membres auraient autorisé la vente de technologies sensibles de surveillance à des destinations jugées problématiques. Parmi les pays cités figurent la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, la Finlande ou encore la Pologne.
Des outils de surveillance de masse dans le viseur
Le rapport évoque des logiciels dits « à double usage », comprenant des systèmes de pénétration informatique, des outils d’interception de communications et des dispositifs permettant des écoutes téléphoniques discrètes.
HRW affirme notamment que la Bulgarie aurait exporté ce type de technologies vers plus de 20 pays, dont l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis ou encore l’Ouganda. La Pologne est également citée pour des exportations vers le Rwanda en 2023.
Des États membres qui se défendent
Face à ces accusations, plusieurs gouvernements concernés assurent qu’aucun risque d’usage abusif n’a été identifié lors de l’octroi des licences d’exportation.
La Commission européenne rappelle de son côté que les décisions relèvent de la responsabilité des États membres, dans le cadre du régime européen sur les biens dits « à double usage ».
Un cadre européen jugé insuffisant
Malgré un durcissement du règlement en 2021 après plusieurs scandales liés à la vente de technologies de surveillance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, HRW estime que les garde-fous restent insuffisants.
L’ONG appelle l’Union européenne à renforcer le contrôle des exportations et à intégrer systématiquement les risques de violations des droits humains.
Mais plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et la Grèce, ont déjà exprimé leur réticence à un encadrement plus strict des ventes de ces technologies sensibles.