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Côte d’Ivoire | Réforme électorale

Une partie de l’opposition salue la dissolution de la CEI mais réclame une réforme « réellement indépendante »

Côte d’Ivoire | Réforme électorale
‘‘Ces partis et personnalités politiques saluent un tournant institutionnel majeur’’

Par Dahn Habib Sénamblé

Abidjan, 8 mai 2026 – En Côte d’Ivoire, plusieurs partis et personnalités de l’opposition ont accueilli favorablement la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), tout en appelant les autorités à engager une réforme « profonde » et « consensuelle » du système électoral ivoirien.

Dans une déclaration conjointe publiée vendredi à Abidjan, les signataires estiment que cette décision du gouvernement constitue « un tournant institutionnel majeur » dans la vie politique du pays, après des années de contestation autour de l’organe chargé des élections.

Le texte est notamment signé par Simone Ehivet Gbagbo à travers le Mouvement des Générations Capables, Ahoua Don Mello, Charles Blé Goudé via le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples, Danielle Boni Claverie pour l’Union Républicaine pour la Démocratie, ainsi que plusieurs autres responsables politiques et personnalités de l’opposition.

Une décision jugée tardive

Les signataires affirment que la dissolution de la CEI traduit « la reconnaissance par le gouvernement du caractère contesté, partisan et déséquilibré » de cette institution électorale.

Ils regrettent toutefois que cette réforme n’intervienne qu’après l’élection présidentielle de 2025, estimant qu’une modification plus précoce du cadre électoral aurait permis, selon eux, « d’éviter un climat de défiance et de tensions ».

L’opposition évoque également « des arrestations, des emprisonnements massifs et de nombreuses pertes en vies humaines » survenues dans le contexte des précédents scrutins.

Rejet d’un organe sous tutelle du pouvoir

Dans leur déclaration, les partis signataires insistent sur la nécessité de mettre en place une nouvelle institution électorale « totalement détachée de toute tutelle ministérielle », notamment du ministère de l’Intérieur.

Ils mettent également en garde contre toute structure « sous influence des partis politiques », qu’ils soient issus du pouvoir ou de l’opposition.

Les opposants réclament ainsi la création d’une commission électorale bénéficiant d’une autonomie financière, institutionnelle et opérationnelle, avec un système de désignation fondé sur « la compétence, l’intégrité et l’impartialité ».

Appel à une réforme constitutionnelle et législative

Les signataires demandent que la future architecture électorale soit encadrée par une loi organique et bénéficie d’une protection constitutionnelle afin de garantir son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.

Ils plaident également pour un « dialogue politique inclusif » associant partis politiques, société civile et forces sociales afin de parvenir à un consensus national sur la réforme électorale.

Selon eux, « seuls la mise en place d’une nouvelle structure électorale véritablement indépendante, un redécoupage électoral équitable et une révision transparente de la liste électorale permettront à la Côte d’Ivoire de tourner la page des crises électorales ».

Un comité déjà mis en place

Les partis et personnalités signataires annoncent par ailleurs la création d’un comité de réflexion chargé d’élaborer une proposition concrète pour le futur organe de gestion des élections.

Cette initiative, précisent-ils, reste ouverte « à toutes les sensibilités politiques et forces vives » souhaitant participer à la réforme.

La dissolution de la CEI, annoncée mercredi à l’issue du Conseil des ministres, continue de provoquer de nombreuses réactions au sein de la classe politique ivoirienne.

Le gouvernement affirme vouloir mettre en place un « nouveau mécanisme de gestion des élections » afin de garantir des scrutins « apaisés et crédibles » dans le pays.

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