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Santé | Hantavirus sur le MV Hondius

Huit cas liés au navire recensés dont trois décès et cinq autres contaminations

Santé | Hantavirus sur le MV Hondius
‘‘L’OMS juge le risque mondial « faible », malgré les inquiétudes autour du navire’’

Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi

Îles Canaries, 6 mai 2026 – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenté de rassurer mercredi,i après l’apparition d’un foyer d’hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius, actuellement en route vers les îles Canaries. Si plusieurs cas ont été recensés, dont trois décès, l’agence onusienne estime que « le risque global pour la santé publique demeure faible ».

Le navire, immobilisé depuis plusieurs jours au large du Cap-Vert, a quitté mercredi sa zone de mouillage pour mettre le cap vers Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries, où il doit accoster dans les prochains jours. Une perspective qui suscite toutefois de fortes réticences de la part des autorités régionales canariennes.

Une souche rare transmissible entre humains

Selon les autorités sud-africaines, les premiers tests réalisés sur des passagers évacués ont confirmé la présence de la souche dite « des Andes », l’un des rares hantavirus connus capables de se transmettre entre humains.

« C’est la seule souche parmi les 38 identifiées pouvant se transmettre d’une personne à l’autre », a expliqué le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, devant une commission parlementaire. Il a toutefois insisté sur le fait que cette transmission reste « très rare » et nécessite des « contacts très étroits ».

Au total, l’OMS recensait mercredi huit cas liés au navire, dont trois décès et cinq autres contaminations. Deux passagers avaient été transférés vers Johannesburg. L’un est décédé, tandis que l’autre demeure hospitalisé.

Une vaste opération de traçage des contacts

Les autorités sanitaires de plusieurs pays ont engagé une vaste opération de recherche des cas contacts. En Afrique du Sud, les enquêteurs sanitaires cherchent notamment à identifier les passagers d’un vol Airlink reliant Sainte-Hélène à Johannesburg, emprunté le 25 avril par une passagère néerlandaise aujourd’hui décédée.

Selon les autorités sud-africaines, 62 personnes pourraient avoir été exposées au virus. Quarante-deux ont déjà été localisées et placées sous surveillance.

Aux Pays-Bas, la compagnie aérienne KLM a confirmé qu’un passager infecté était brièvement monté à bord d’un vol Johannesburg-Amsterdam avant d’être débarqué en raison de son état de santé. Les autorités sanitaires néerlandaises contactent actuellement les passagers « par précaution ».

La Suisse a également annoncé l’hospitalisation à Zurich d’un ancien passager testé positif au virus des Andes. Placé en isolement, cet homme est suivi par les autorités sanitaires helvétiques, qui estiment néanmoins que « le risque pour la population reste faible ».

Des évacuations médicales vers l’Europe

Trois cas suspects ont été évacués du navire mercredi, dont deux membres d’équipage et une personne identifiée comme cas contact. Selon l’OMS, ces personnes sont en route vers les Pays-Bas pour recevoir des soins.

Un avion médicalisé a atterri mercredi soir à Amsterdam-Schiphol avec au moins un passager provenant du MV Hondius. Le centre médical universitaire de Leiden a indiqué se préparer à accueillir un patient issu du navire.

Une autre personne, asymptomatique mais considérée comme cas contact, doit être transférée vers un hôpital universitaire de Düsseldorf, en Allemagne.

Les Canaries refusent d’accueillir le navire

L’arrivée annoncée du MV Hondius à Tenerife provoque une vive polémique politique en Espagne. Le président des Canaries, Fernando Clavijo, s’oppose fermement à l’accostage du navire, estimant que l’archipel ne dispose « ni des protocoles adéquats ni des capacités hospitalières nécessaires ».

Le dirigeant régional a dénoncé « l’absence totale d’informations » de la part du gouvernement central espagnol et demandé une réunion d’urgence avec le Premier ministre Pedro Sánchez.

Madrid maintient néanmoins sa décision. La ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez, a confirmé que le navire devrait accoster « dans un délai de trois jours » au port de Granadilla, à Tenerife.

Selon les autorités espagnoles, un dispositif sanitaire spécial sera mis en place afin d’évacuer et de rapatrier les passagers étrangers. Les ressortissants espagnols présents à bord seront transférés vers un hôpital militaire à Madrid.

L’OMS appelle à la vigilance sans céder à l’alarmisme

Face aux comparaisons avec les débuts de la pandémie de Covid-19, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a voulu calmer les inquiétudes.

« À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », a-t-il affirmé, précisant que l’organisation poursuivait sa coopération avec les autorités sanitaires concernées et les opérateurs du navire.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a toutefois appelé à la prudence, estimant que « de nombreuses incertitudes subsistent » autour de ce foyer épidémique inédit en pleine traversée maritime.

Le MV Hondius effectuait une croisière entre Ushuaïa, en Argentine, et le Cap-Vert lorsqu’est apparu ce foyer d’infection. Le navire avait quitté l’Argentine le 1er avril.

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