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Côte d’Ivoire | PDCI-RDA

Décès d'Émile Constant Bombet, ancien ministre de l'Intérieur et figure de la vie politique ivoirienne

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‘‘Émile Constant Bombet aura été un acteur majeur de la vie politique des années 1990’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Abidjan, 22 juillet 2026 – L'ancien ministre d'État et ministre de l'Intérieur Émile Constant Bombet est décédé mercredi à l'âge de 85 ans. Officier supérieur de l'armée devenu l'un des principaux responsables de l'appareil d'État sous les présidences de Félix Houphouët-Boigny puis d'Henri Konan Bédié, il laisse l'image d'un haut commis de l'État dont le parcours reste étroitement lié aux grandes mutations politiques de la Côte d'Ivoire des années 1990.

Né le 16 mars 1941 à Rubino, dans le département d'Agboville, Émile Constant Bombet appartient à la génération des hauts fonctionnaires formés sous le président Félix Houphouët-Boigny. Colonel de l'armée, il fait carrière dans l'administration avant d'être nommé, en novembre 1990, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité.

Il conservera ce portefeuille stratégique jusqu'au coup d'État militaire du 24 décembre 1999, d'abord sous Houphouët-Boigny, puis dans les gouvernements de Daniel Kablan Duncan, avant d'être promu ministre d'État sous la présidence d'Henri Konan Bédié.

Un acteur majeur de la vie politique des années 1990

Durant près de dix ans à la tête du ministère de l'Intérieur, Émile Constant Bombet supervise notamment l'administration territoriale, l'organisation des élections et les politiques d'identification.

Son passage au gouvernement coïncide avec l'émergence du concept d'« ivoirité », développé au milieu des années 1990 sous le régime d'Henri Konan Bédié. Destinée, selon ses promoteurs, à valoriser l'identité nationale, cette doctrine est vivement contestée par une partie de la classe politique et des observateurs, qui y voient un instrument d'exclusion ayant profondément marqué la vie politique ivoirienne.

À la tête du ministère chargé de l'organisation des scrutins, Émile Constant Bombet joue alors un rôle central dans la mise en œuvre des réformes administratives et électorales de cette période, notamment lors de l'élection présidentielle de 1995.

L'exil avant le retour au PDCI-RDA

Après le renversement du président Henri Konan Bédié en décembre 1999, l'ancien ministre est poursuivi dans l'affaire dite des « 18 milliards de l'Union européenne ». Il connaît la détention avant de s'exiler successivement au Bénin puis en France.

Sa candidature à l'élection présidentielle de 2000 est invalidée en raison des procédures judiciaires engagées contre lui. En 2002, la justice ivoirienne prononce finalement un non-lieu, ouvrant la voie à son retour sur la scène politique.

De retour en Côte d'Ivoire, Émile Constant Bombet reprend ses activités au sein du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), dont il devient vice-président et l'un des proches collaborateurs d'Henri Konan Bédié. En 2021, il est nommé président du comité électoral du parti.

Une figure au parcours contrasté

Dans les dernières années de sa vie publique, l'ancien ministre multiplie les appels au dialogue, à la réconciliation et au rejet du tribalisme, plaidant pour un retour aux valeurs du houphouétisme.

Sa disparition referme un chapitre de l'histoire politique ivoirienne. Pour ses partisans, Émile Constant Bombet restera un serviteur de l'État et un fidèle du PDCI-RDA. Pour ses détracteurs, son nom demeure associé à une période de fortes tensions politiques dont les conséquences ont durablement marqué la Côte d'Ivoire.

Avec sa disparition, c'est l'une des dernières grandes figures de l'appareil d'État de l'ère Houphouët-Boigny qui s'éteint, emportant avec elle une part de l'histoire politique de la Côte d'Ivoire contemporaine.

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