‘‘L’armée fragilisée de l’intérieur, Bamako enquête sur une infiltration militaire après des assauts coordonnés’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Bamako, 2 mai 2026 – Plusieurs militaires maliens, en activité ou à la retraite, ont été arrêtés ces derniers jours pour leur implication présumée dans les attaques coordonnées du 25 avril, a annoncé le procureur près le Tribunal militaire de Bamako.
Ces attaques, menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et les rebelles du Front de libération de l’Azawad, ont visé plusieurs positions militaires à travers le pays, notamment à Kidal, repassée sous contrôle de groupes armés, et à Kati, près de la capitale. Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a été tué lors de ces assauts.
Des complicités internes présumées
Selon le parquet militaire, des militaires « en activité, radiés ou en instance de radiation » auraient participé à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques. Quatre arrestations ont été officiellement confirmées, tandis que plusieurs autres interpellations auraient eu lieu, selon des sources concordantes.
Parmi les personnes citées figure un ancien acteur du coup d’État de 2012 ayant renversé le président Amadou Toumani Touré. Des personnalités politiques seraient également visées par l’enquête.
Oumar Mariko rejette les accusations
Le procureur évoque aussi la responsabilité présumée de Oumar Mariko, président du parti Sadi aujourd’hui dissous et figure historique de la révolution de 1991 contre Moussa Traoré.
En exil, l’opposant a vivement contesté ces accusations, les qualifiant de « complètement ridicules ». Il reconnaît toutefois entretenir des contacts avec divers acteurs, y compris des groupes armés, qu’il justifie par sa volonté de favoriser un dialogue pour mettre fin au conflit.
Situation sécuritaire volatile
Sur le terrain, la situation reste instable. À Kidal, passée sous contrôle du FLA, une reprise progressive de la vie civile est observée, tandis que des combattants étrangers auraient quitté certaines positions dans le nord.
Ces développements interviennent dans un contexte de crise sécuritaire persistante au Mali, marqué par la multiplication des attaques et la fragmentation des acteurs armés, sur fond de transition politique toujours en cours.