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Royaume-Uni | Après la démission de Keir Starmer

Andy Burnham nommé Premier ministre, face à une économie en crise et à la poussée de l’extrême droite

Royaume-Uni | Après la démission de Keir Starmer
‘‘Nommé lundi par le roi Charles III, le travailliste Andy Burnham, à gauche, succède officiellement à Keir Starmer’’

Par Dahn Habib Sénamblé avec Rfi

Londres, 21 juillet 2026 – Le Royaume-Uni ouvre un nouveau chapitre politique. Le travailliste Andy Burnham a été officiellement nommé Premier ministre lundi par le roi Charles III, quelques minutes après la démission de Keir Starmer. Ancien maire du Grand Manchester, il hérite d’un pays confronté à une croissance en berne, à une crise persistante du coût de la vie et à une montée de l’extrême droite qui fragilise le Parti travailliste à trois ans des prochaines élections législatives.

Reçu au palais de Buckingham par le roi Charles III, Andy Burnham a été chargé de former un nouveau gouvernement avant de rejoindre le 10 Downing Street, où il a prononcé son premier discours en tant que chef du gouvernement.

À 56 ans, celui que les médias britanniques surnomment le « roi du Nord » succède à Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire historique du Labour mettant fin à quatorze années de gouvernement conservateur. Contesté au sein de son propre parti après plusieurs réformes impopulaires et de lourds revers électoraux lors des scrutins locaux de 2026, Keir Starmer avait annoncé sa démission le 22 juin.

Avant de quitter Downing Street, il s’est dit « fier » du travail accompli, estimant avoir contribué à rendre le Royaume-Uni « plus fort et plus juste ».

Une économie sous tension

Le principal défi d’Andy Burnham sera de redonner confiance à une économie qui peine à retrouver son dynamisme depuis le Brexit et la pandémie de Covid-19. Si l’inflation a nettement reculé par rapport au pic atteint en 2022, les ménages continuent de subir les effets d’une forte hausse des prix de l’alimentation, de l’énergie et du logement.

Le nouveau Premier ministre devra également composer avec une dette publique élevée et des marges budgétaires limitées, alors que les attentes sont nombreuses en matière de santé, de protection sociale et d’investissement public.

Autre dossier sensible : la crise du logement. Les travaillistes s’étaient engagés à construire 1,5 million de logements en cinq ans, un objectif qui accuse déjà un retard important et qui alimente le mécontentement d’une partie de la population.

Freiner la montée de Reform UK

Sur le plan politique, Andy Burnham devra rapidement enrayer la progression de Reform UK, le parti anti-immigration dirigé par Nigel Farage. Portée par les inquiétudes liées au coût de la vie et à l’immigration, cette formation s’est imposée comme la principale force montante du paysage politique britannique et domine désormais plusieurs enquêtes d’opinion.

Les élections locales et régionales de mai dernier ont confirmé cette dynamique, avec une percée spectaculaire du parti de Nigel Farage au détriment des travaillistes, qui ont perdu de nombreux élus locaux.

Pour le nouveau chef du gouvernement, l’enjeu sera de répondre aux préoccupations économiques des Britanniques sans céder aux discours identitaires qui gagnent du terrain dans le débat public.

Réconcilier les Britanniques avec le Labour

Andy Burnham devra également restaurer la crédibilité du Parti travailliste, dont l’image a été fortement écornée ces derniers mois. Les revirements du gouvernement Starmer sur plusieurs réformes sociales, notamment celles concernant les aides aux personnes handicapées et les prestations sociales, ont alimenté une fronde au sein même de la majorité.

Habile communicant, considéré comme plus à gauche que son prédécesseur, Andy Burnham promet une méthode de gouvernement davantage tournée vers les territoires, la décentralisation et la réindustrialisation du pays.

Mais le temps presse. À trois ans des prochaines élections générales, le nouveau Premier ministre devra rapidement produire des résultats concrets s’il veut éviter que le mécontentement social ne profite davantage à l’extrême droite et permettre au Labour de conserver le pouvoir.

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