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Côte d’Ivoire | Dossier - Filière mangue

Entre opportunité et contraintes internationales : la campagne 2026 sous tension

Côte d’Ivoire | Dossier - Filière mangue
‘‘La mangue entre boom de la demande et campagne fragilisée’’

Par Fatchê Birham Sénamlé

Abidjan, lundi 27 avril 2026 – Premier exportateur ouest-africain de mangues vers l’Europe, la Côte d’Ivoire aborde la campagne 2026 dans un contexte contrasté, marqué par une demande en hausse mais une production fragilisée et des coûts logistiques en forte augmentation.

Une campagne timide malgré un prix fixé

Démarrée le 28 mars, la campagne peine à atteindre son rythme de croisière. Le prix bord champ a été fixé à 2 450 FCFA le kilo, un niveau jugé modéré par les producteurs, dans un environnement international incertain.

En cause notamment, des conditions climatiques défavorables. Des pluies précoces enregistrées en décembre 2025 ont perturbé le cycle du manguier, entraînant une floraison tardive et une baisse relative de la production. Les acteurs de la filière misent désormais sur une seconde récolte pour relancer la dynamique.

Une demande européenne en hausse

Paradoxalement, les exportateurs font face à une demande accrue, en partie liée aux restrictions frappant les exportations maliennes vers l’Europe.

« La pression sur les volumes est nouvelle », confie un opérateur, évoquant une hausse de la demande estimée entre 20 et 30 %. Une opportunité pour la Côte d’Ivoire, qui avait exporté environ 40 000 tonnes de mangues en 2025, principalement vers la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Le transport, principal facteur de tension

Le contexte géopolitique pèse également sur la filière. La hausse des coûts du fret maritime, liée aux tensions internationales dans le Golfe, renchérit les exportations.

Certains professionnels évoquent un surcoût pouvant atteindre 1 000 euros par conteneur, fragilisant la rentabilité des opérations, en particulier pour les mangues biologiques, dont la période de commercialisation a pourtant été prolongée cette année.

Concurrence et défis sanitaires

Sur les marchés internationaux, la mangue ivoirienne fait face à la concurrence du Brésil et du Pérou, mieux positionnés sur certains segments, notamment en matière de maturité des fruits à l’arrivée.

À cela s’ajoutent des défis sanitaires persistants, notamment la présence de la mouche des fruits. Si des efforts de traitement sont en cours, une partie des vergers reste exposée, obligeant les exportateurs à renforcer les contrôles et à écarter les productions non conformes.

Une filière à l’équilibre fragile

Entre opportunités commerciales et contraintes structurelles, la campagne 2026 s’annonce décisive pour la filière mangue ivoirienne. Les acteurs espèrent un redressement dans les semaines à venir, conditionné à une amélioration de la production et à une stabilisation des coûts logistiques.

Dans un marché mondialisé et concurrentiel, la capacité d’adaptation du secteur sera déterminante pour maintenir la position de la Côte d’Ivoire sur les marchés européens.

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