‘‘Hararé veut inciter à l’investissement local afin d’accroître la valeur ajoutée locale et les retombées économiques’’
Par Sofiane Lorofolo Amine avec Rfi
Hararé, 26 février 2026 — Le Zimbabwe a décrété l’interdiction de toute exportation de minerais bruts, y compris les concentrés de lithium, une mesure destinée à renforcer le contrôle de l’État sur ses ressources stratégiques et à stimuler la transformation locale.
La décision, annoncée mercredi par le ministre des Mines Polite Kambamura, est prise « dans l’intérêt national ». Elle vise à contraindre les compagnies minières à installer des unités de traitement et de raffinage sur le territoire zimbabwéen, afin d’accroître la valeur ajoutée locale et les retombées économiques.
Miser sur la transformation locale
Premier exportateur africain de lithium, le Zimbabwe figure parmi les principaux producteurs mondiaux de ce minerai clé pour les batteries électriques. Les autorités estiment ses ressources à environ 126 millions de tonnes.
Jusqu’ici, une grande partie du lithium extrait était expédiée à l’étranger, notamment en Chine, où il est transformé. Pékin domine largement le secteur minier zimbabwéen, avec plusieurs milliards de dollars investis ces dernières années dans l’exploitation des gisements.
Harare souhaite désormais que les raffineries soient implantées sur son sol. L’interdiction d’exporter des minerais non transformés ne sera levée que pour les entreprises qui se conformeront aux nouvelles exigences gouvernementales, ont prévenu les autorités.
Un minerai stratégique au cœur des rivalités
Le lithium est devenu un métal stratégique dans le contexte de la transition énergétique mondiale et de la concurrence accrue entre la Chine et les États-Unis. En renforçant son contrôle sur cette ressource, le Zimbabwe entend peser davantage dans cette dynamique géopolitique.
Outre le lithium, le pays dispose d’importantes réserves de métaux du groupe platine, notamment le rhodium et le palladium, ainsi que de cuivre et de nickel. Selon la Banque mondiale, le secteur minier représente 14,3 % du produit intérieur brut du pays, ce qui en fait le deuxième contributeur à l’économie nationale.