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Economie

Côte d’Ivoire | Filière Cacao

Le ministre de l’Agriculture en immersion à Yakassé-Attobrou face aux difficultés des producteurs

Côte d’Ivoire | Filière Cacao
‘‘Les producteurs de la Mé ont formulé des doléances au ministre Bruno Nabagné Koné’’

Par Sofiane Lorofolo Amine

Yakassé-Attobrou, le 19 février 2026 – Le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, s’est rendu mercredi à Yakassé-Attobrou, à l’est d’Abidjan, pour une visite de terrain auprès des producteurs et responsables de coopératives, dans un contexte marqué par des difficultés d’écoulement du cacao.

Cette mission, placée sous le signe de la proximité, vise selon le ministre à « ancrer l’action gouvernementale dans les réalités du terrain » et à recueillir directement les préoccupations des acteurs de la filière.

« Nous ne pouvons réussir sans travailler avec les acteurs de terrain », a déclaré Bruno Nabagné Koné, mettant en avant la nécessité de moderniser les pratiques agricoles, de réduire la pénibilité du travail et d’améliorer durablement la productivité.

Près de 2 000 tonnes de cacao invendues

Au cours des échanges, la directrice générale de la Société coopérative agricole de Yakassé-Attobrou (COOP-CO CAYAT), Awa Traoré, a dressé un état des lieux préoccupant. Créée en 2017 et agréée à l’exportation, la coopérative regroupe plus de 3 300 producteurs répartis en 65 groupements. Elle exploite plus de 12 500 hectares pour une production annuelle de 8 479 tonnes de cacao, avec un dispositif de traçabilité intégrale et une certification Rainforest Alliance sur une partie des surfaces.

Mais la campagne en cours est marquée par environ 2 000 tonnes de cacao invendues, stockées depuis fin décembre, selon les responsables. Cette situation entraîne un endettement croissant des producteurs et fait planer un risque de chômage technique.

Les dirigeants de la coopérative évoquent notamment les contraintes liées au système de contrepartie à l’exportation, qui limiterait l’accès direct aux acheteurs étrangers.

Appel à des mécanismes de garantie

Face à ces difficultés, les producteurs demandent l’appui de l’État pour la mise en place de mécanismes de garantie susceptibles de faciliter l’accès aux marchés internationaux. Ils envisagent également la création d’une unité locale de transformation d’une capacité de 3 000 tonnes par an, afin de mieux valoriser la production et réduire la dépendance aux exportations de fèves brutes.

Le ministre a rappelé que l’agriculture demeure un pilier de l’économie ivoirienne, en matière d’emploi, de revenus et de cohésion sociale. Il a assuré que les propositions formulées feraient l’objet d’analyses approfondies, promettant des décisions visant à préserver l’équilibre économique de la filière tout en protégeant les revenus des producteurs.

La visite s’est conclue par un déplacement dans une plantation de cacao, où le ministre a échangé avec des planteurs sur leurs conditions de travail et les défis quotidiens liés à la production.

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