Le MRC estime qu’il s’agit d’un « changement anticonstitutionnel de gouvernement »’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Yaoundé, 24 avril 2026 – Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d’opposition dirigé par Maurice Kamto, a annoncé avoir saisi l’Union africaine pour contester la récente révision de la Constitution adoptée début avril, qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
Une réforme contestée du cadre institutionnel
Le 4 avril, les deux chambres du Parlement camerounais ont validé une révision constitutionnelle instaurant un poste de vice-président, appelé à assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir.
Selon ses promoteurs, cette réforme vise à renforcer la stabilité institutionnelle. Mais pour l’opposition, elle soulève de fortes inquiétudes sur les équilibres démocratiques.
L’opposition dénonce une dérive institutionnelle
Dans un communiqué, le MRC estime qu’il s’agit d’un « changement anticonstitutionnel de gouvernement » et accuse le pouvoir de contourner les principes démocratiques.
Le secrétaire général du parti, Justin Noah, affirme que l’article 64 de la Constitution, qui encadre strictement les révisions constitutionnelles, aurait été violé.
« Le régime fait la sourde oreille aux plaintes des Camerounais », dénonce-t-il.
Une saisine de l’Union africaine
Face à cette situation, le parti d’opposition indique avoir saisi les instances de l’Union africaine afin de dénoncer ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle.
Le MRC demande également l’application de mécanismes de sanction prévus par les instruments juridiques de l’organisation continentale en cas de modification jugée contraire aux principes démocratiques.
Un débat politique relancé
Cette initiative ravive les tensions politiques autour de la gouvernance institutionnelle au Cameroun, dans un contexte où l’opposition multiplie les critiques sur l’évolution du cadre constitutionnel et les conditions du jeu politique.