‘‘Affi N’Guessan et la CAP-CI appellent à une réforme électorale consensuelle’’
Par Sofiane Lorofolo Amine
Abidjan, 25 juin 2026 – Le président du Front populaire ivoirien (FPI) et de la Coalition pour une Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), Pascal Affi N'Guessan, a vivement critiqué jeudi la démarche du gouvernement sur la réforme du système électoral, dénonçant une initiative « unilatérale » et un risque de « passage en force » du pouvoir autour du futur organe chargé des élections.
Lors d’une conférence de presse au siège du FPI à Abidjan, l’ancien Premier ministre est longuement revenu sur la rencontre organisée le 22 juin par la Primature avec des partis politiques et des organisations de la société civile, officiellement consacrée à la future architecture électorale appelée à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI).
Une rencontre jugée « unilatérale »
Selon Pascal Affi N’Guessan, cette réunion n’a donné lieu à aucun véritable échange avec les participants. Le chef de file de la CAP-CI a estimé que le gouvernement s’était contenté de délivrer un message « en simplex », sans débat contradictoire ni concertation réelle.
Le dirigeant de l’opposition a également dénoncé les conditions de convocation de la rencontre, organisée selon lui dans la précipitation, ainsi que le choix des invités, qu’il juge « discrétionnaire ».
« Des formations politiques qui participent régulièrement aux compétitions électorales ont été écartées », a-t-il affirmé, accusant le pouvoir de manquer de transparence sur les prochaines étapes du processus de réforme.
Affi accuse le RHDP d’avoir « caporalisé » la CEI
Dans son intervention, Pascal Affi N’Guessan a reconnu, comme le gouvernement, que les élections organisées depuis 2000 ont contribué à des crises politiques majeures en Côte d’Ivoire, notamment celles de 2000, 2010-2011 et 2020.
Mais il a accusé le pouvoir et le RHDP d’être responsables du discrédit de la défunte CEI, qu’il a qualifiée d’institution « instrumentalisée ».
Selon lui, « le malheur de la CEI a deux noms : sa caporalisation et son instrumentalisation par le gouvernement et le RHDP ».
Le président du FPI a décrit le régime comme « la pieuvre d’Éburnie », estimant que le parti au pouvoir aurait étendu son influence à l’ensemble des institutions du pays.
Critiques contre la future architecture électorale
Le Premier ministre avait présenté une réforme reposant sur trois piliers distincts : un organe chargé de l’organisation matérielle des élections, un autre du recensement des votes et un troisième dédié au contrôle et à la supervision du processus électoral.
Pascal Affi N’Guessan a cependant estimé que cette nouvelle architecture ne répond pas au principal problème du système électoral ivoirien : la question de la confiance.
Selon lui, « l’expertise » et « l’efficacité opérationnelle » mises en avant par le gouvernement ne suffisent pas à garantir des élections crédibles.
« Le problème n’est pas une question de compétence mais de neutralité, d’impartialité et de probité », a insisté l’ancien Premier ministre.
Appel à un dialogue politique inclusif
Malgré ses critiques, la CAP-CI dit partager l’objectif affiché par le gouvernement de restaurer la confiance dans les élections et d’éviter de nouvelles crises post-électorales.
La coalition d’opposition appelle toutefois à l’ouverture d’un « dialogue politique véritablement inclusif » associant toutes les forces politiques, la société civile et les différentes parties prenantes.
« Cette confiance ne naîtra ni de consultations sélectives, ni de décisions unilatérales », a averti Pascal Affi N’Guessan, estimant que seule une réforme consensuelle pourrait garantir la stabilité politique et la cohésion nationale à l’approche des prochaines échéances électorales en Côte d’Ivoire.