‘‘Le ministre Adama Coulibaly fait le plaidoyer ivoirien pour une finance pré-arrangée face aux risques de catastrophes’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 3 février 2026 (AFP) – La Côte d’Ivoire a accueilli mardi à Abidjan un dialogue régional de haut niveau consacré au financement des risques de catastrophes (FRC) en Afrique, au cours duquel le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a appelé à privilégier des mécanismes de financement pré-arrangés afin de renforcer la stabilité budgétaire des États.
Organisée à l’initiative du groupe African Risk Capacity (ARC), en partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), la rencontre a réuni des ministres, des responsables institutionnels et des experts autour du thème du renforcement des liens entre résilience souveraine et communautaire, ainsi que du développement des mécanismes de transfert de risques sur le continent.
Ouvrant les travaux, Adama Coulibaly a estimé que face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles en Afrique, la finance pré-arrangée constitue « un tournant majeur » en matière de gouvernance publique.
« Il s’agit de prévoir les risques, d’organiser à l’avance les instruments financiers nécessaires et de préparer les réponses opérationnelles afin que les ressources puissent être mobilisées rapidement », a-t-il déclaré, soulignant l’objectif de réduire les pertes humaines et économiques dès les premières heures d’une crise.
Renforcer les mécanismes de l’ARC
Le ministre a appelé les partenaires financiers à soutenir plus fortement l’African Risk Capacity, mécanisme panafricain de mutualisation des risques, estimant que son renforcement contribue à la protection des moyens de subsistance et à la stabilité budgétaire des États africains.
« Soutenir l’ARC, c’est investir dans la résilience durable du continent », a-t-il affirmé, appelant à des engagements concrets à l’issue de ces consultations.
La rencontre s’est tenue en présence notamment de Mohamed Beavogui, président du conseil d’administration de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), de Bernard Hien, directeur régional Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, d’Olivia Hantz, représentante du PAM en Côte d’Ivoire, et de Jean Chrysostome, directeur général du groupe ARC.
Une dynamique continentale de résilience
Prenant la parole, Jean Chrysostome a rappelé que depuis sa création, l’ARC a démontré que des mécanismes de financement anticipés pouvaient produire « des résultats tangibles » face aux chocs climatiques, en permettant des réponses rapides et ciblées.
Pays hôte du siège de l’ARC, la Côte d’Ivoire a réaffirmé à cette occasion son engagement à soutenir cette dynamique, en faveur d’une résilience africaine fondée sur l’anticipation, la solidarité et la responsabilité, selon les organisateurs.