‘‘Une lette de plus ou de trop ? Laurent Gbagbo ‘‘assène ses vérités’’ au pouvoir’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 25 juin 2026 – L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé jeudi le lancement d’un « Pacte social », présenté comme une nouvelle étape de son combat politique, dans un contexte de fortes tensions autour de la gouvernance et des conditions de vie en Côte d’Ivoire.
Dans un long communiqué publié par le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire, dont infos-plurielles.net a eu copie, l’ex-chef d’État a dénoncé des « reculs démocratiques », la vie chère, le chômage, les déguerpissements ainsi qu’une gouvernance qui, selon lui, ne profiterait « qu’à un seul groupe ».
“Aucun Ivoirien ne doit être oublié”
Âgé de 81 ans, Laurent Gbagbo a retracé plusieurs étapes de son parcours politique, depuis le combat pour le multipartisme jusqu’à son accession au pouvoir en 2000, avant d’évoquer la crise postélectorale de 2010-2011, son arrestation et son retour en Côte d’Ivoire.
« Le Pacte social repose sur une conviction simple : aucun Ivoirien ne doit être oublié », a-t-il affirmé.
Le leader du PPA-CI a articulé cette initiative autour de sept engagements, parmi lesquels la défense du pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes, la promotion des femmes, la justice sociale, les libertés publiques, le développement équilibré des régions et la réconciliation nationale.
Critiques du pouvoir et du “quatrième mandat”
Laurent Gbagbo a également renouvelé ses critiques contre le pouvoir en place, qu’il qualifie de régime issu d’un « quatrième mandat », en référence au nouveau mandat du président Alassane Ouattara.
Selon lui, la Côte d’Ivoire traverse une période marquée par « le mépris, les abus, les emprisonnements » et une aggravation des difficultés sociales.
L’ancien président a aussi évoqué le mouvement citoyen « Trop c’est trop », lancé ces derniers mois avec d’autres acteurs politiques et sociaux, qu’il présente comme « un cri d’alerte » face à la situation du pays.
Un discours tourné vers la jeunesse
S’adressant particulièrement aux jeunes générations, dont beaucoup « ne l’ont pas connu au pouvoir », Laurent Gbagbo a assuré que son ambition n’était pas personnelle mais tournée vers « l’avenir de la Côte d’Ivoire ».
« Un homme passe. Une génération passe mais les valeurs doivent demeurer », a-t-il déclaré, affirmant vouloir poursuivre le combat pour « la démocratie, la souveraineté, la dignité et la prospérité ».
Cette prise de parole intervient à l’approche de nouvelles échéances politiques dans un climat marqué par les débats autour de la réforme de la gouvernance électorale et les tensions persistantes entre pouvoir et opposition.