‘‘L’Iran célèbre un accord provisoire, Washington temporise’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Téhéran/Washington, le 24 juin 2026 – Le ton reste offensif à Téhéran malgré l’ouverture d’un processus diplomatique avec Washington. Le président du Parlement iranien et chef de l’équipe de négociation, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé mercredi que le protocole conclu avec les États-Unis constituait « la déclaration de défaite de l’Amérique », au lendemain des premiers échanges entre les deux pays en Suisse.
Cette déclaration illustre la bataille de communication engagée des deux côtés après un premier cycle de discussions destiné à trouver une issue à la guerre au Moyen-Orient et aux tensions régionales autour du nucléaire iranien.
Les négociations, organisées dans les Alpes suisses sous médiation pakistanaise et qatarienne, se sont achevées dans la nuit du 22 au 23 juin. Les médiateurs ont annoncé qu’une feuille de route avait été adoptée afin de parvenir, dans un délai de 60 jours, à un accord définitif.
Washington desserre temporairement l’étau pétrolier
Dans le cadre de ce rapprochement prudent, les États-Unis ont annoncé une suspension de deux mois des sanctions visant le pétrole iranien. Washington affirme également avoir obtenu le retour d’inspecteurs nucléaires internationaux en Iran.
Mais plusieurs sujets sensibles demeurent, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du pétrole mondial.
Téhéran a réaffirmé vouloir conserver la maîtrise de cette zone maritime clé. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a toutefois exclu toute possibilité pour l’Iran d’imposer des péages ou restrictions sur le trafic maritime dans le détroit.
Le Sénat américain désavoue symboliquement Donald Trump
Sur le plan intérieur américain, le Sénat a adopté mardi une résolution demandant le retrait des forces américaines engagées dans le conflit contre l’Iran.
Le texte représente surtout un revers politique pour le président Donald Trump, car il ne possède pas de valeur contraignante. Le dirigeant américain a dénoncé une initiative qu’il juge contraire aux intérêts stratégiques des États-Unis.
Cette séquence révèle les divisions persistantes à Washington sur la gestion du dossier iranien et sur l’implication militaire américaine au Moyen-Orient.
Évacuation de marins dans le détroit d’Ormuz
Dans le même temps, l’Organisation maritime internationale a annoncé le lancement d’une opération d’évacuation de près de 11 000 marins bloqués dans le détroit d’Ormuz.
L’agence onusienne précise travailler « en étroite coopération » avec l’Iran, Oman, les États-Unis ainsi que les autres États riverains et les acteurs du transport maritime.
Les tensions persistent au Liban
Malgré les discussions diplomatiques, la situation sécuritaire reste fragile dans la région. À Washington, Israël et le Liban poursuivent une cinquième session de négociations indirectes.
Le président libanais Joseph Aoun a réaffirmé son opposition à toute présence israélienne dans le sud du Liban. Sur le terrain, des tirs israéliens ont fait deux morts selon les autorités libanaises.
Entre avancées diplomatiques prudentes et tensions militaires persistantes, le Moyen-Orient reste suspendu à l’issue des discussions engagées entre Washington et Téhéran.