‘‘Face à une hausse de la dette, magistrats de l’UEMOA formés au renforcement du contrôle des finances’’
Par Dahn Habib Sénamblé
Abidjan, 20 avril 2026 – Face à la progression rapide de la dette publique dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), magistrats et auditeurs des Cours des comptes sont réunis à Abidjan pour renforcer leurs capacités en matière de contrôle et d’évaluation des stratégies d’endettement.
Une dette en forte hausse dans l’espace UEMOA
Ouverte lundi par le président de la Cour des comptes de Côte d’Ivoire, Kanvaly Diomandé, cette session de formation de cinq jours intervient dans un contexte marqué par une hausse significative de l’endettement des États membres. Selon les chiffres avancés lors de la cérémonie, le ratio d’endettement de l’Union est passé d’environ 32 % en 2015 à plus de 62 % en 2025, se rapprochant du seuil communautaire fixé à 70 %.
Une évolution jugée préoccupante par plusieurs intervenants, alors même que les pays de la zone avaient bénéficié, par le passé, d’allègements de dette dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
Renforcer le contrôle et la transparence
Pour Kanvaly Diomandé, cette situation impose un rôle accru des juridictions financières. Celles-ci sont appelées à veiller à la transparence et à l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques, en particulier dans un contexte de crises successives ayant conduit à une mobilisation accrue de financements.
L’atelier vise ainsi à doter les participants d’outils méthodologiques pour auditer la gestion de la dette publique et évaluer les politiques d’endettement mises en œuvre par les États.
Vers une culture commune de contrôle
Présent à l’ouverture, le président de la Cour des comptes de l’UEMOA, Adissin Segnon Yves-Marie, a souligné l’importance de cette initiative pour améliorer la gouvernance financière au sein de l’Union. L’objectif, selon lui, est de permettre aux institutions de contrôle d’accompagner les autorités publiques vers des choix d’endettement plus efficaces et soutenables.
Même constat du côté de la Commission de l’UEMOA, dont le représentant en Côte d’Ivoire, Gustave Djasso, a insisté sur la nécessité d’une surveillance renforcée, dans un contexte marqué par des chocs économiques répétés et des risques accrus de surendettement.
Un appui des partenaires internationaux
Organisée avec le soutien du Centre régional d’assistance technique pour l’Afrique de l’Ouest (AFRITAC Ouest) du Fonds monétaire international (FMI), cette formation s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation des juridictions financières.
Au-delà des aspects techniques, les participants ambitionnent de bâtir une approche harmonisée du contrôle de la dette publique au sein de l’espace UEMOA, afin de mieux prévenir les risques et contribuer à la stabilité macroéconomique de la région.